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Pierre Jacques en Baretous : Un baptême qui compte !

27 juillet 2009 par Olivier · 1 commentaire

Jean-Claude affiche sa sérénité, Olivier son inquiétude.

A plusieurs reprises, j’avais été tout près de me laisser entraîner sur une épreuve cyclosportive. Jusqu’à maintenant, j’avais toujours trouvé de bonnes raisons pour me défiler mais il fallait bien franchir le pas un jour. Lorsque Jean-Claude m’a parlé de la Pierre Jacques, j’ai senti que c’était peut-être le moment de se confronter à ce type d’épreuve. Une fois décidé, ce n’est pas sans inquiétude que je voyais se rapprocher l’échéance. Bien sûr, les amis se voulaient rassurants et chacun m’affirmait que j’étais largement capable de venir à bout de ce challenge.

Sur les trois courses au programme, nous avons choisi l’intermédiaire : “L’Issaux” longue de 121 km avec 2 cols pour un dénivelé de 2700m. Partis de La Brède le vendredi, nous avons passés la nuit à Morlaas (Merci à Sarah et Christophe) avant de rejoint Aramits au petit matin. Tomtom nous ayant lâchement abandonnés, nous avons improvisé en se rabattant sur une bonne vieille carte et sur l’aide des autochtones. Après les derniers préparatifs, nous sommes près du sas à deux minutes du départ lorsque le pneu avant de Jean-Claude laisse échapper un sifflement sans équivoque. Branle bas de combat et stress au maximum pour tenter de réparer à toute allure. Comble de malchance, la chambre à air de rechange est hors service et un concurrent généreux dépannera finalement Jean-Claude qui en sera quitte pour démarrer au sprint afin de rejoindre le peloton à Arette où est donné le vrai départ.

Je suis placé tout à l’arrière, bien décidé à être prudent sur ce début de course. Je m’aperçois très vite du bon  niveau des cyclistes présents qui roulent à bonne allure. Manifestement, il n’y a pas trop de touristes sur cette épreuve et je reste en queue de peloton. Au 10ème km, la première difficulté se présente avec la montée du Col de Soudet. Je suis surpris d’emblée par les pourcentages de ce début de montée et je m’inquiète pour la suite. Un passage avoisinant les 15% me pousse à opter pour le “tout à gauche” que j’espérais réserver pour la fin. La montée est rude, le soleil disparait derrière les nappes de brouillard de plus en plus présentes. Quelques vaches paressent sur la route et nous encouragent de quelques meuglements. Finalement, la fin de l’ascension est plus aisée avec des pourcentages qui se sont fort heureusement un peu calmés. Après 15 km de montée, nous atteignons le plateau du Soudet avec un premier ravitaillement qui est le bienvenue. Place à la grande descente vers Sainte Engrace pour laquelle j’enfile le coupe-vent et remonte mes manchettes. Le compteur dépassera  les 60km/h par endroit. Un vrai régal mais je reste prudent et je vois passer quelques concurrents beaucoup plus à l’aise que moi dans cet exercice.

La reprise de pédalage n’est pas aisée surtout lorsque se présente la côte de Montory qui ne paye pas de mine mais dans laquelle j’ai l’impression de ne plus avancer. Un coureur à qui je demande si la montée est longue, m’indique qu’on la surnomme le col des confits. En fait, un producteur est installé au sommet de cette côte et c’est en apercevant le panneau vantant ses produits que l’on peut espérer proche la fin de nos tourments. Retour à Aramits où les concurrents de la “petite épreuve” en finissent alors que je me demande si j’ai bien fait de m’inscrire sur l’intermédiaire.

A Arette, je profite du ravitaillement pour faire le plein  des bidons. Après Lourdios, se présente le deuxième col de la journée. Nous avons déjà parcouru plus de 80 km, ce qui est pour moi la distance maximale de mon entraînement hebdomadaire. Autant dire que je n’aborde pas cette montée dans un grand état de fraîcheur physique. Et là, la galère commence. Cette petite route en mauvais état va être mon chemin de croix. Je peine et vois mon compteur afficher 7km/h dans les portions les plus pentues. A plusieurs reprises, le moral en berne, je pense à m’arrêter pour récupérer mais je sais que repartir sera très dur. Je suis désespérément seul et je me demande ce que je suis venu faire ici. Pourtant le paysage est magnifique mais il n’arrive pas à me faire oublier ma souffrance. Je compte les kilomètres qui s’égrènent trop lentement. A 6 km du sommet, un ravitaillement me donne une bonne raison pour faire une pause. Il y a ensuite une petite portion roulante sur laquelle je me refait une petite santé mais de trop courte durée. Je vois les premiers concurrents engagés sur la grande distance me doubler. A les voir, j’ai du mal à imaginer qu’ils aient roulé 40km de plus que moi avec un col supplémentaire et pas des moindres.

Enfin, je parviens au sommet épuisé et moralement vidé mais heureux. Cette fois, c’est bien fini, il ne reste plus qu’à se laisser descendre sur ces 20 derniers km. La route est large est la visibilité est excellente. Je retrouve même un bon coup de pédale sur les quelques parties planes où il faut relancer. Toutefois, je sens des pointes dans la cuisse qui me laisse penser que je ne pourrais pas aller bien plus loin.

J’arrive à Aramits en un peu moins de 6h00. Jean-Claude qui a terminé en 4h40 a déjà eu le temps de faire 40 minutes de course à pied. Après une douche bien méritée et un repas reconstituant,je serais bien calme sur le retour vers La Brède.

En conclusion, je pense que j’ai encore du chemin à faire pour me prétendre cycliste mais je suis fier d’être arrivé au bout.        

  Olivier

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