Les Galopins Brédois

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Aubisque 2009 : Dimanche de rêve en vallée d’Ossau

25 août 2009 par Olivier · 1 commentaire

Avec Maurice le podensacais à l’assaut du col de l’Aubisque

Comme à l’accoutumée, c’est sous des conditions climatiques idéales que s’est déroulée la Montée de l’Aubisque, la météo de la version 2009 étant la copie parfaite de celle de 2008 goutée par les Galopins.

Pour ma 5ème participation, j’étais bien déterminé à prendre pour une fois un départ raisonnable et courir à allure régulière et modérée, afin non seulement de profiter au mieux du panorama, mais surtout de m’épargner l’éternel regret du final raté après le passage de Gourette.

Au départ donc, je parviens à ne pas « m’emballer » et je laisse s’éloigner sans sourciller cousine Evelyne et les meilleurs spécialistes nationaux de course de montagne présents, attirés par le label FFA que la course vient d’acquérir. Mon collègue Christophe, rival annoncé d’un jour, est dans ma roue et me semble en bonne condition quoiqu’il en dise. Au fil des kilomètres et des lacets, je trouve le bon tempo sans regarder le chronomètre en stabilisant la fréquence cardiaque entre 80 et 85%. Je m’efforce de m’hydrater correctement aux nombreux ravitaillements et m’assure que les mariachis présents en haut de la portion à 13% ne me tendent pas de gobelets remplis de téquila ! Aux paravalanches, Christophe, toujours à quelques encablures, me demande quand je vais accélérer… Et c’est précisément à cet instant, à 9 kilomètres du sommet, que je me décide à suivre la belle foulée d’une jolie coureuse revenue à ma hauteur… Heureuse surprise : mon rythme de course augmente, mais mon rythme cardiaque se maintient en dessous de 160 pulsations. Christophe est décroché, mais j’aperçois encore son maillot orange au virage de Gourette après 1h17’ de course (le vainqueur est déjà au sommet du col !). C’est l’une de mes plus faibles performances au passage de Gourette, mais peu importe, je me souviens que l’an passé, avec Xavier et JF, nous étions passés bien plus tôt, et que ma fin de course avait été un calvaire. Pendant ces 4 derniers km tant redoutés, j’ai la force de lever la tête et de savourer la beauté du parcours restant à accomplir : autrefois cela me démoralisait, aujourd’hui cela me donne du courage. Je parviens à reprendre 1 à 1 de valeureux montagnards, pas tous marcheurs… Au 17ème km, je trouve Evelyne en difficulté : j’aurais aimé la ramener vers les filles à sa portée, mais elle devra se résoudre à terminer à son rythme en 5ème position féminine. Sur les derniers hectomètres, surprise, je me rends compte que mon temps est largement en dessous de l’objectif de 1h45’ fixé par notre grand coach-président. Pointé en 140ème position à Eaux-Bonnes, je termine 85ème en 1h42’32’’. Christophe suivra en moins de 1h45’ : sa performance est de taille pour une première participation, et le fait de le dépasser au classement général du challenge ne me procure finalement aucune satisfaction personnelle. Au contraire, je ne peux que le féliciter pour les progrès réalisés depuis la Pyrénéa . Nul doute qu’il prendra sa revanche au challenge 2010.

Le reste de cette superbe journée en vallée d’Ossau sera consacré à fêter la victoire d’Evelyne en V1F et de Maurice en V4H avec ma famille et mes amis. Un excellent dimanche dans une superbe région. Finalement, il ne manquait que les Galopins pour que cette journée soit exceptionnelle… Rendez-vous donc pour l’édition 2010.

Christophe

Le duel des Christophe CPE se termine en toute fraternité

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C’est fait, je suis marathonien !

15 juillet 2007 par Olivier · Pas de commentaire

Il est 6 heures, Cabanac s’éveille mais cela fait déjà 1h30 qu’un habitant a déjà chaussé ses lunettes. Il ne part pas travailler, il n’a pas la dernière tétée à donner , non , aujourd’hui il court, il court son premier marathon.

Comme ce n’est pas d’Alain Delon que l’on parle , je vais revenir à un style de narration plus classique en utilisant la première personne du singulier.

Si je me suis réveillé si tôt c’est tout simplement que ce 11 octobre est une date un peu spécial, restera t-elle toujours spéciale, je n’ai malheureusement pas encore la réponse . Cela cogite donc. Heureusement le voyage se fait accompagné d’Olivier et de Xavier. Un calme « olympien » se dégage de ses deux coureurs expérimentés ( Pour Olivier extrêmement olympien !!!).

Mine de rien , cela rassure et évite de gamberger.

Nous arrivons bien en avance et notre préparation se fait sereinement.

Olivier et Xavier me propose d’aller s’échauffer !!?  Oui vraiment expérimentés, ce n’est pas en fait 42 mais 46 ou 47 bornes au total  qu’affichera leur compteur à la fin.

Me concernant, je coupe les virages à la corde pour aller écouter le débriefing  d’avant course .

C’est à 9h15 après avoir optimisé chaque centimètre de route que j’écoute attentivement les consignes de l’organisateur. Bizarrement, c’est à ce moment bien précis que survient ma  plus grosse montée de stress. Est-ce que je n’ai rien oublié ? ( bon les chaussures ça se verrait)  Pourquoi je n’ai pas fait d’abdos ? Que se passe t-il après ce fameux 30° kms ? Ma préparation va t-elle être suffisante ? Et puis mes objectifs ? C’est en me rendant sur la ligne de départ ( ligne droite toujours pour obtenir le plus court chemin !) que ses fameux objectifs me reviennent à l’esprit. Tout d’abord TERMINER , si c’est possible entre 4h et 4h30 et si le phare est avec moi plus près de 4h que de 4h30. Avec toutes ces conditions à l’esprit, on s’étonne que je sois stressé.

Départ 9h30 pétante (pas si pétante que ça le pistolet a des ratées) .

Je remarque que le peloton est bien plus âgé que sur une course à plus faible kilométrage et tous me paraissent affûtés Je me dis que les autres concurrents pense la même chose de mon physique. Enfin , je l’espère car je fais carême depuis plusieurs semaines , du carême périgourdin je veux parler bien sûr. Pas une volaille, pas un coin-coin ,pas une pomme de terre qui baigne dans la graisse de cette même volaille . Et si le canard était rancunier : encore un stress à gérer !

Comme prévu, le parcours est super sympa car comme le dit si bien  la brochure du marathon des villages « certains marathons sont fait pour les chronos, d’autres ont du goût pour la nature et pour les yeux.

Je pars sur un rythme inférieur à celui prévu soit 6mn au kilomètre et c’est à cette allure que je traverse  la pointe aux chevaux, le village de Piquey et le panneau indiquant le semi . Je suis beaucoup moins stressé car mes sensations au semi sont très positives . Je n’ai plus qu’une seule question sans réponse : la gestion du passage du 30° kilomètre.

Au 27 ° kilomètre, j’arrive à la pointe du Cap , un clin d’œil à la dune , j’en prends plein les yeux.

C’est le retour ! Sur une course classique, j’aime bien utiliser l’expression « çà sent l’écurie » . Sauf que là je n’ai pas d’odeurs de crottins qui effleurent mes narines. Normal, elle est à plus de 15 bornes !

Ma petite famille est là , je la croise au 30° encore bien  (je peux affirmer dans leurs regards qu’eux aussi sont rassurés à me voir encore avec deux jambes , deux bras et un sourire qui témoigne que je ne suis pas encore entré dans le dur).

Le moins bien arrive au 34 ° kilomètre. Le mental doit maintenant me faire oublier des muscles à la souplesse plus que réduite. Et le mental répond présent , le 10 km/h est pratiquement  respecté . Le temps commence à être long mais la traversée des villages ostréicoles de l’Herbe et du Canon  redonnent de l’énergie . Au 40° kilomètre , je me vois contraint de réduire l’allure mais le grand  sourire sera quand même affiché à l’arrivée avec un chrono autour de 4h20. Je suis marathonien !!!

Je voudrai terminé ce message en  tournant mon regard et mes pensées vers le passé. Tout d’abord le passé proche , c’est-à-dire mes 10 semaines de préparation . Merci à ma petite famille d’avoir été toujours  présente  ( alors que mon entraînement me forçait à être absent), et également à mes 2 potes qui m’ont accompagné lors de mes sorties longues dominicales ( je m’en souviens notamment d’une qui a été copieusement arrosée !!!).

Puis en me remémorant des souvenirs plus lointains, je me rappelle un mercredi 18h ,il y a un peu plus de deux ans maintenant. J’avais participé au premier entraînement loisirs des galopins brédois. La séance était construite de plusieurs séquences de  5minutes de course lente suivie de 2 minutes de marche . J’ai croisé ce jour-là Olivier qui a su tout de suite me transmettre sa passion . Rapidement , j’ai rejoint le groupe du dimanche et tous les dimanches, je baigne dans une ambiance où courses, marathons, conseils et convivialité sont les maîtres-mots.

Alors à tous ceux qui sans le savoir, peut-être, m’ont donné envie de me dépasser pour courir cette distance mythique, je leur dis tout simplement MERCI.

Oui, ce 11 octobre restera vraiment un jour spécial.

O2C

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Challenge d’Ossau 2009 : Déjà 3 étapes

14 juillet 2007 par Olivier · 3 commentaires

Le Challenge d’Ossau, c’est mieux qu’une carte postale de la région, c’est un véritable guide qui permet, en 4 étapes, de mieux connaître cette magnifique vallée d’Ossau tout en s’affrontant à la montagne… et d’en tirer les leçons…
Etape 1 - Tout commence à Rébénacq, charmante bastide béarnaise à l’entrée de la vallée, ensoleillée en ce samedi de mi-mai. La récompense de la Ronde du Pic, un T-shirt 64 noir avec des inscriptions jaune fluo du plus bel effet, m’est remise avec le dossard. Pas très motivant, mais je prendrai tout de même le départ, car c’est mon premier challenge, et que c’est aussi l’objectif de ma saison. Le parcours se compose de 2 boucles autour du Pic, depuis le centre de Rébénacq, de manière à couvrir 15km. Des passages agréables dans et autour du village, en particulier l’emprunt en file indienne d’une passerelle étroite, et une sacrée difficulté aux 3ème et 10ème km : une montée de plus d’un km (plus raide que Béthanie) qui, abordée sans la nécessaire prudence, révèle vite les excès du départ et calme les ardeurs. Ajoutez à cela les premières chaleurs, vous comprendrez que j’ai accompli ma deuxième boucle à une allure très raisonnable et que j’ai terminé la course complètement épuisé en plus de 1h06’. Je termine néanmoins devant Christophe, collègue CPE d’un grand lycée palois, que je commence à m’habituer à retrouver et distancer ici à Rébénacq (il s’était également aligné à l’étape pédestre Pau-Rébénacq de la Pyrénéa triathlon)…
Une entame difficile du Challenge, alors que cette course ne m’était pas inconnue et que je pensais l’aborder en bonne condition physique. L’entre-deux courses sera consacré à la récupération.

Etape 2 - Rendez-vous était donné aux coureurs 3 semaines plus tard aux fêtes d’Arudy pour l’équivalent d’un semi-marathon entre Arudy et Eaux-Bonnes : ‘’Lo Petit Aussalès’’. En ce samedi après-midi de début juin, départ groupé en voiture de Pau avec Christophe, et ses copains Christophe et Cyril. Le deuxième Christophe est un sacré client (1h01’ à Rébénacq) et le repérage de la fin du parcours en sa compagnie s’avèrera utile pour la suite. Quant à Cyril, ossalois de souche, il nous sera efficace pendant l’échauffement pour forcer les barrages des festayres arudyens… Ce ne sont pourtant pas ces joyeux drilles qui me feront rater pour la première fois le départ d’une course ; le départ a été donné alors que j’étais en pleine conversation derrière l’église avec Denis Laffaille… (cela ne l’empêchera pas non plus de remporter l’épreuve avec près de 2 minutes d’avance sur le girondin Sébastien Horrereau). Départ en queue de peloton donc et avec prudence cette fois. La leçon a été retenue : il y a 16 km de chemins plus ou moins plats, et une ascension de 4,6 km de Béost aux Eaux-Bonnes (Béthanie en plus long…). Je mettrai près de 3 km à rattraper Christophe parti aux avant-postes, et je le sentirai collé à mes basques jusqu’au pied de la montée. Sans m’affoler de sa proximité, je profite du paysage et des scènes typiques qui nous sont offertes : les vautours qui surplombent et planent au-dessus des coureurs, le passage dans les villages ossalois au milieu de la transhumance qui ralentit des concurrents pas mécontents de pouvoir en un laps de temps recharger les batteries… La montée vers Eaux-Bonnes (repérée fort heureusement en voiture) se fera ‘’au taquet’’ et me permettra de remonter plusieurs places jusqu’à l’arrivée, franchie en 1h35’ où m’est remis le T-shirt 64 rouge. Récompense méritée même si, avec ma forme de fin de course (à mes adversaires du jour, je dirai sous forme d’intox que j’aurais pu continuer à ce rythme jusqu’à Gourette…), je nourris quelques regrets de ne pas avoir attaqué plus tôt pour creuser les écarts… L’ambiance est bonne dans la voiture du retour, chacun étant satisfait de ses performances personnelles (1h30’ et 1h36’ pour les 2 acolytes Christophe, 1h42’ pour Cyril). Au classement général, l’essentiel est là, je devance toujours mon collègue CPE de 2’10’’…
Pendant les 3 semaines qui suivent, en perspective de l’Ossaloise, je vais m’attacher, tout comme mon collègue, à faire évoluer ma préparation vers un travail de côtes, le parcours annoncé s’annonçant terrible : 25 km avec 920m de dénivelé positif… A ce jeu, il s’avèrera plus efficace que moi.
Etape 3 – Dimanche matin, fin juin : départ de Louvie-Juzon pour Laruns par le Col du Coutchet (1350m). En apparence, vue de profil et sur le papier, la course n’est pas simple : près de 12km de montée, 7 de descente ; seuls les 6 km de plat vers Laruns semblent abordables… L’Ossaloise est l’épreuve redoutée de tous les participants au Challenge. Pour preuve, Christophe (le cador) préfère renoncer à prendre le départ… C’est donc Cyril et Christophe (CPE) que je retrouve motivés et échauffés sur la ligne à Louvie-Juzon, mon organisation personnelle (signe de démotivation ?) n’ayant pas pris en compte le retrait du dossard (et du T-shirt 64 de couleur grise) à Laruns, lieu d’arrivée de la course… Pas d’échauffement donc pour moi, et même si la course est longue, je prends rapidement les devants au départ sur mes compagnons de course. L’ascension annoncée se présente après le km2, et au fil des kilomètres, les difficultés vont s’annoncer : impossible de trouver un rythme régulier, coup au moral lorsque Christophe me rattrape avant le ravitaillement du 8ème km. Je n’arrive pas à tenir son rythme, mais il reste en point de mire jusqu’au sommet et je garde l’espoir secret de le reprendre dans la descente. Le panorama offert est toujours aussi splendide, mais le moral n’est pas là… La fin de l’ascension se fait à la marche, car mon rythme de course est encore moins rapide et mon rythme cardiaque dans le rouge… Dès les premiers lacets de la descente de 7 km, je redoute l’apparition de crampes (les mollets et l’arrière des cuisses me ‘’chatouilleront’’ jusqu’au bout). Dans la descente, des concurrents me rattrapent et je dois me résoudre à les laisser filer, s’envoler… La dernière partie, 6 km sur route et en plein soleil, ressemblera à un véritable calvaire. Les brumisateurs installés sur le parcours parviendront si bien à me rafraichir que j’aurai du mal à laisser ma place sous l’agréable douche à mes suivants ! Mais il faut repartir et c’est très difficilement et plus fatigué qu’après un marathon que je franchis la ligne en 2h22’… plus de 4 minutes après Christophe (Cyril suivra en 2h37 ‘).
Christophe me devance maintenant au classement général : 1’48’’ nous séparent ! Force est de reconnaître que son entraînement, sa motivation, ses efforts, sa persévérance ont porté leurs fruits (appréciation digne d’un conseil de classe - encouragements ou félicitations ?!). Des progrès qui le placent en 30ème position du classement général et donc dans l’encart spécial sur les 30 premiers coureurs publié le lendemain dans la presse locale. Je suis 31ème….
Un challenge dans le challenge est né, non dénué d’intérêt : celui entre CPE (et même entre les Christophe CPE !) !…. Les vacances arrivent à point nommé pour nous permettre une préparation optimale et un entraînement sur mesure ! Sur ce plan-là, nous partons à égalité ! Mais dans un premier temps, place à la récupération !
Rendez-vous est donc donné à l’Aubisque pour l’étape décisive… De quelle couleur sera le T-shirt ?!

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Regard d’une femme de Galopin

30 juin 2007 par Olivier · Pas de commentaire

Les dates étaient notées en rouge (pas d’une pierre blanche parce que ce n’est pas possible) sur le calendrier dans la cuisine : 2 week-ends consécutifs de course avec ses collègues du lycée. Alors, il a bien fallu adapter le programme familial en fonction !

 Dimanche 29 mars : malgré le passage à l’heure d’été, il y a du mouvement de bonne heure dans le salon ; mais en dépit de tous ses efforts (étirements bruyants, va-et-viens dans toutes les pièces), il ne parviendra pas à sortir du lit le reste de la famille.

Il a rendez-vous de bonne heure avec ses équipiers-cuisiniers au Parc Beaumont de Pau pour récupérer le dossard témoin qu’ils auront à amener, à tour de rôle, jusqu’au sommet de Gourette,  point d’arrivée de la Pyrénéa, le triathlon des neiges du Béarn.

 Christophe prendra le départ de l’épreuve et accomplira plus de 18km à pied, de Pau à Rébénacq : moi, déjà en voiture, je trouve ça long, monotone et surtout sans intérêt, alors je n’ose pas imaginer à pied… et en courant !
Voici ses impressions postées sur le forum des Galopins après la course :« Un départ agréable avec un passage sur le Boulevard des Pyrénées et la traversée du Château de Pau. Départ vite oublié dès l’emprunt de la rue du 14 juillet qui nous conduit vers Gan, au milieu des voitures et des gaz d’échappement. Et oui, Olivier s’en souvient, nous empruntons la même voie que le Marathon de Pau 2005, et les bosses sur la nouvelle rocade n’amélioreront pas l’ambiance dans le peloton. Je m’accroche pour rallier Rébénacq dans les temps fixés par notre coach Noël, 1h15. (A l’arrivée, j’apprendrai que je viens de parcourir 18,4km, soit 1km de plus qu’annoncé, je suis donc satisfait de ma performance). »
 
A l’arrivée de sa course, Christophe prend le temps de nous appeler. Il est 10h45 à la nouvelle heure mais ne nous a pas réveillés ! Nous sommes rassurés ! Cette fois, il n’est pas sous la tente de la Croix-Rouge !

Comme il neige à Gourette, nous n’irons pas le rejoindre à la montagne pour pique-niquer à midi, on se fera inviter chez ses parents !

 Ensuite, ses collègues Noël et Alain prendront le relais à vélo et à ski. Suite du récit de Christophe :

 « Noël enfilera rapidement le chasuble témoin 234 et filera à toute allure vers Laruns avant de grimper 14 km du col d’Aubisque : il atteindra son objectif de 1h40 pour 35 km (22 de moyenne).
Quant à Alain, en montagnard chevronné, il montera jusqu’à Cinto (700m de dénivelé+) et redescendra sur Gourette en 1h15, exactement comme le lui avait demandé Noël notre capitaine !
Tout le monde s’est fait plaisir et s’est donné à fond pour l’équipe, que dis-je, le lycée ! Bravo à eux et merci pour cette belle journée dans les Pyrénées en leur compagnie. »

Mon mari est heureux : voilà l’essentiel! Fin de ses impressions de course :
 « Une bien belle épreuve que j’ai découverte aujourd’hui et que je rêve de pouvoir accomplir un jour en individuel. La partie “Course à pied” avait finalement peu d’intérêt (parcours peu attrayant et difficile), mais j’ai apprécié l’ambiance à Rébénacq et Gourette, ainsi que l’organisation bien rodée (très bien le repas d’après-course !)..
S’il me fallait me fixer un objectif raisonnable : l’an prochain je me teste sur la partie Ski (avec des galopins ?) et dans 2 ans, je me lance dans l’aventure seul ! Mais avant, je demanderai l’avis de Noël… »

 

Et l’avis de sa femme, non ??

 Samedi 4 avril, 6 jours plus tard, rebelote ! Encore une course avec des collègues ! La nouveauté, c’est de partir courir la nuit dans la nature : La « Nouste trail » qu’elle s’appelle la course.

C’est David, son collègue triathlète (le scientifique) qui a lancé l’idée de participer à ce trail nocturne (départ à 21h) il y a au moins 3 mois. Comme il avait semble-t-il réussi à enrôler dans son sillage les autres triathlètes du lycée (Alain le charcutier, Valéry le pâtissier), mon Cri-cri avait fini par se décider à courir ce trail (même si pour lui, au départ, faire un trail, c’est pour « profiter des paysages !»), au point de s’équiper spécialement pour l’occasion (chaussures de trail et frontale).

19h : après un repas à base de pâtes (et peu après collation), Christophe est en ligne avec David qui, malade, doit renoncer ; du coup, après le forfait annoncé (et justifié) d’Alain et celui de Valéry (qui s’est aligné aux 10km de Lacq), je retrouve mon mari dans le salon, débardeur Gold du Running Club sur le dos et frontale sur le front, qui scrute le ciel qui se couvre de nuages… A la recherche de motivation, Christophe nous laisse quand même. Il embrasse sa petite famille en précisant qu’il ne serait sûrement pas de retour avant 23h30.

Je passe la soirée avec les enfants à regarder un dessin animé et nous nous couchons aussitôt après. Les enfants trouveront rapidement le sommeil ; quant à moi, la lecture de Max Gallo me tiendra  longtemps éveillée…

A minuit, j’éteins la lumière, Christophe n’est toujours pas rentré ; il ne devrait pas tarder… Il n’a probablement pas téléphoné de peur de réveiller la maisonnée, et du coup je m’inquiète : et s’il s’était perdu sur le parcours, dans la nuit, dans les bois ; et s’il avait fait une mauvaise rencontre, et s’il avait vu l’ours ?! Plus simplement : s’il s’était blessé ?

Je me mets donc à gamberger jusqu’à 1h30, heure de retour de mon chéri champion, qui venait de passer une très bonne soirée. Il s’était attardé pour profiter de la garburade offerte aux participants et était resté jusqu’à la remise des récompenses. Il avait retrouvé les frères Laffaille (encore des profs !) et était resté avec eux avant et après la course (pendant c’est plutôt difficile !).

Il m’explique, en parlant fort, que c’était « une belle course », qu’il n’avait pas plu, qu’il y avait un échauffement collectif derrière les quads dans les rues de Nay avant le départ, que c’était « super » de courir de nuit à la frontale, qu’il avait l’impression de se trouver dans un jeu-vidéo avec le balisage réfléchissant, qu’il avait de « bonnes sensations » puisqu’il avait couru, monté et descendu « toujours au taquet », bref, qu’il était content de sa performance (16ème du 17km pour un dénivelé positif supérieur à 400m).

Fatiguée de ma longue journée et enfin rassurée, j’écoute mon bavard de mari qui ne se rend pas compte qu’il risque de réveiller les enfants ! Ses douces paroles me saoulent, pardon, me bercent… et je tombe vite dans les bras de Morphée… Il est 2h passées !

 Sarah

PS : J’ai jeté un coup d’œil sur le calendrier de la cuisine : 2 triathlons sont programmés avec ses collègues (29 avril à Pau et 31 mai à Mimizan), et il paraît que des rendez-vous avec les galopins cyclistes ou coureurs sont en préparation… Je me prépare donc à affronter à nouveau ces week-ends et envisage de faire un stage à la croix-rouge pour me rendre utile en cas de défaillance de champion…

 

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Marathon de Paris 2009 : Reportage spécial

27 juin 2007 par Olivier · 4 commentaires

Personne n’avait oublié ce grand champion que certains n’ont pas hésité à baptiser « le Bikila blanc ». Pourtant, au cours de ces deux dernières années, l’homme s’était fait pour le moins discret et il fallait souvent chercher dans les profondeurs des classements de marathons pour y trouver sa trace. Certes, il avait toujours d’excellentes raisons à invoquer pour justifier ces résultats bien en retrait du niveau que l’on lui connaissait par le passé. Néanmoins, aux yeux des médias, il faisait désormais partie du passé, aussi glorieux soit-il et les flashs des photographes s’étaient détournés vers d’autres champions avides de podiums.

C’est par une dépêche de l’Agence France Presse que la nouvelle est tombée au cœur d’un mois de janvier glacial. Il annonçait sa présence au départ de l’édition 2009 du Marathon de Paris avec la légitime ambition de revenir vers son meilleur niveau de performance. Cette brève, il faut bien le dire, n’a pas soulevé l’enthousiasme général du monde sportif. C’est plutôt l’incrédulité qui s’affichait parmi les commentateurs les plus avisés et certains n’hésitaient pas à lui prédire un échec cuisant. Lorsque j’ai proposé à mon rédacteur en chef de suivre ce retour annoncé, il m’a tout d’abord ri au nez et prié de bien vouloir me concentrer sur des sujets autrement plus sérieux. Mais devant mon insistance, il a finalement cédé en maugréant et je crois surtout pour avoir la paix.

Me voilà donc parti en région bordelaise pour suivre la préparation du garçon. Les premiers contacts sont difficiles, l’homme est bourru et renfermé. Il ne voit pas d’un très bon œil ce journaleux qui l’épie au bord de la piste. Il m’a fallu développer des trésors d’imagination pour obtenir ses premiers mots. C’est bien simple, j’ai pensé un moment qu’il avait été frappé d’une soudaine maladie l’ayant privé de la parole. Petit à petit, jour après jour, je vais tenter de gagner sa confiance pour qu’il m’accorde enfin ne serait-ce qu’un bonjour. Sur le conseil éclairé d’un de ses proches, je me présente au stade où il fait ses gammes, vêtu du maillot de l’OM. Bingo ! il me décoche un large sourire au passage sur la ligne. Enhardie par cette avancée spectaculaire dans notre relation, je l’aborde lors de sa séance d’étirements afin de lui confier mon projet. S’il n’est guère emballé à l’idée de me voir attaché à ses basques pendant deux mois, il accepte toutefois de me faire part de ses impressions.

Sa préparation est construite sur un plan en huit semaines avec 5 séances de course à pied hebdomadaire et 1 séance de vélo de route. L’objectif est de boucler le marathon en moins de 3h15′. Il a choisi d’emblée de se mettre à l’épreuve de la compétition en enchaînant 4 courses sur les 4 premières semaines de son plan. Il me confie avoir été très surpris d’être à son meilleur niveau dès la première épreuve au terme de la semaine 1 du plan alors que les séances de qualité en semaine sont difficiles et les sensations moyennes.

Au fil des semaines, je partage ses doutes mais aussi ses joies. Sa performance sur le semi-marathon de Bazas-Langon qu’il boucle en 1h25′ le place dans une excellente dynamique même si la semaine qui suit est musculairement difficile. Il partage son entraînement avec ses amis. Le midi ce sont Xavier et Bertrand (rien à voir avec l’ex-ministre) qui l’accompagnent sur la piste et dans les bois de Canéjan. Le samedi matin, Jean-Claude lui prête aimablement sa roue afin qu’il s’installe confortablement dans l’aspiration de l’Ironman. La côte de Budos, col hors catégorie du Sauternais, le laisse régulièrement essoufflé mais toutefois confiant. Le dimanche, c’est auprès des Galopins qu’il peaufine son endurance et sur son circuit favori, la côte de Béthanie reste le juge de paix où règne la saine émulation du groupe de coureurs brédois. Au terme de ces huit semaines intenses, je vois mieux la détermination qui pousse ces coureurs vers d’impossibles exploits. Leur plaisir évident, même dans la douleur d’un exercice de fractionné, m’interpelle au point que j’envisage sérieusement de chausser les runnings pour connaitre à mon tour ce sentiment exaltant.

Un aller-retour éclair Bordeaux/Paris le vendredi pour raisons professionnelles lui donnera l’occasion de retirer son précieux dossard n°10097 en dehors de la cohue du samedi. Nouveau départ, en TGV cette fois, à destination de Paris ce samedi matin. L’athlète semble détendu mais peu bavard, j’ai cru comprendre selon ses proches que dans son humeur matinale habituelle, il était capable de lâcher 3 mots à l’heure. J’en prends mon parti et en profite pour terminer ma nuit. Parvenu à destination, c’est Porte de Versailles que nous retrouvons Palmito, Keyser et Reda pour parcourir les allées du Marathon Expo, véritable temple du coureur à pied. Je déconseille fortement à toute personne étrangère à cette passion de franchir les portes de cet endroit voué au culte de ce sport sous peine de graves conséquences pour sa santé mentale. Nos 3 compères semblent s’y sentir comme des cabillauds dans l’eau froide et rien de ce qui se passe ici ne leur est étranger. Palmito qui souhaite se faire appeler Jean-Marc pour l’occasion fait l’acquisition du collant long Skins afin d’être le parfait jumeau de son mentor. Qui a dit que le marathonien se nourrissait exclusivement de pâtes et de riz ? J’ai pu constater qu’aucun de ceux-là ne rechignaient à ingurgiter quiche, cake aux olives et salade lors du déjeuner pris chez Jihane et Palmito nos hôtes du week-end. Ils se rattraperont toutefois lors du dîner avec des assiettées gargantuesques de délicieuses pâtes aux légumes.

Réveil à 6h00 pour nos champions, chacun s’affaire selon son rituel. La concentration est de rigueur : Spordej et Gatosport pour certains, Prince de Lu pour d’autres mais défilé aux toilettes pour tous. Reda est exact au rendez-vous et nous filons vers l’Avenue de la Grande Armée au milieu de laquelle s’improvise un parking réservé aux marathoniens. C’est une tribu étonnante qui s’agite au pied de l’Arc de Triomphe, coiffés d’un curieux couvre-chef jaune, ils semblent tous se connaître et s’appeler par des surnoms bizarres. Leur chef qui répond au nom de Riri est visiblement sous l’effet de substances interdites avec un sourire béat sur le visage alors qu’il ne participe même pas à ce marathon. Il y a là une certaine Barbie qui aurait couru 7 marathons sur 7 continents en 80 jours et dont le parcours s’achève ici. J’avoue que l’accoutrement de certains me laisse perplexe, j’ai vu un dénommé Basilio dont la tenue était, comment dire ? étonnante pour le moins : Chapeau de cow-boy bleu criard, cape bordée de fourrure tenant à la main un ballon jaune et bardé de sacs de confettis …  Les CLM puisque c’est le nom de code de cette troupe, se prennent et se reprennent en photo avant de s’éparpiller vers les sas de départ.

C’est donc seul que notre homme se retrouve désormais. Un dernier petit galop d’échauffement, le temps d’arroser quelques malheureux arbres qui n’en peuvent plus de voir défiler les cohortes de coureurs incontinents. Le visage est fermé, j’aimerais pouvoir lire dans ses pensées à cet instant. Est-ce qu’il doute ? Repense t-il à ces séances de fractionné sur la piste en regrettant d’y avoir laissé trop de forces ? Il se dirige d’un pas assuré vers le sas jaune des 3h15′, il se faufile au plus près de la limite qui le sépare des athlètes qui lui sont supérieurs. A quelques instants du départ, les sacs plastiques dont les coureurs s’étaient revêtus volent en boules au-dessus de nos têtes, le sol est jonché de bouteilles malodorantes laissées là par les moins précautionneux.

Le départ est enfin donné, le peloton s’ébroue et, telle une interminable chenille multicolore, il part à l’assaut de la Place de la Concorde. Pour notre champion, la ligne est passée en moins de 2 minutes après le départ et il peut déjà courir au rythme prévu. La densité de coureurs au m2 n’autorise pas le moindre écart et les coureurs restent vigilants sur ces premiers mètres. Les conversations se sont tues et seul le bruit des foulées frappant l’asphalte résonne désormais, impressionnant. Au 1er km, le regard se porte vers la montre cardio-fréquencemètre Polar dernier cri qui lui a été offerte à Noël par Mireille. 4′20, c’est un tout petit peu rapide. Il se rassure en justifiant sa précipitation à vouloir combler le temps mis pour passer la ligne mais réduit l’allure pour ne pas s’enflammer. Cette fois, le rythme est trouvé, les km s’égrènent à 4′30/4′35. Le ravitaillement de Bastille est passé sans encombres, ce ne sera pas le cas pour tout le monde. Quelques gorgées d’eau et le reste de la bouteille pour s’asperger le visage, en attendant d’utiliser plus tard la potion magique qui se trouve dans les 6 gourdettes portées en ceinture. Le flot de coureurs est maintenant plus fluide, je me rapproche pour tenter de lire sur son visage les sentiments qui l’habitent à cet instant. Peine perdue, il semble impassible et celui qui pourra deviner son état d’esprit n’est pas encore né. Je n’ose lui tendre mon micro pour lui demander ses impressions, il serait bien capable de m’envoyer me faire voir. J’observe sa foulée qui n’est pas très académique, les bras repliés se balancent très haut alors que les genoux montent très peu. On ne peut pas dire qu’il soit très aérien ni très élégant mais le principal n’est pas là. La Place de la Nation est maintenant passée sans qu’il ait jeté un regard vers « le Triomphe de la République ». Il n’est visiblement pas venu ici pour faire du tourisme. Les dix premiers km sont franchis en moins de 45′ conformément au plan prévu. Il s’agit de profiter de cette première partie de course assez roulante pour se constituer une petite marge qui sera fort utile lors de périodes plus difficiles. Dans le bois de Vincennes, il n’oublie pas de saluer au passage un de ses comparses de CLM qui s’affaire à tendre des bouteilles d’eau. Pontgib ne sortira pas l’eau de vie de poire qu’il réserve à Barbie. Riri, le gourou de CLM posté à cet endroit aura à peine le temps de l’apercevoir que le voilà déjà reparti. J’ai le sentiment que le champion est désormais plus détendu. Il accepte d’ailleurs de me glisser quelques mots pour m’indiquer qu’il se sent bien et qu’il apprécie la fraîcheur du bois de Vincennes. Je goûte ces quelques instants de complicité où je deviens presqu’un confident.

A l’approche du semi-marathon, le peloton tout entier est parcouru par un sentiment trouble. Pour la plupart de ces coureurs, la seconde partie du parcours reste énigmatique. Il y a les primo-marathoniens qui vont bientôt entrer sur des distances encore jamais courues. Il y a aussi les autres qui ont connu tellement de désillusions lors de fins de marathons que ces souvenirs hantent dès cet instant leur esprit. Pour ce qui concerne notre vedette du jour, son temps de passage en moins d’1h35′ semble le ravir et il s’offre un gel énergétique pour fêter la mi-parcours.

Soudain, je suis happé par la foule qui m’entraîne, me bouscule nous éloigne l’un de l’autre. Je lutte et je me débats mais je vois sa tenue Skins qui s’éloigne loin de moi. Ce n’est que quelques kilomètres plus loin que je le retrouve alors que le parcours emprunte les quais de Seine. Je constate une certaine inquiétude sur son visage. Il m’avait confié craindre cette partie du parcours avec les sorties de tunnels qui meurtrissent des jambes déjà éprouvées. Les premiers signes d’une baisse de régime sont déjà en place à l’approche du tunnel des Tuileries. C’est presque imperceptible, mais ces quelques secondes supplémentaires à chaque km sont autant d’alarmes inquiétantes alors que nous franchissons le 28ème km. Je vois le masque apparaître sur son visage mais aussi la détermination à ne pas lâcher. Autour de lui, c’est aussi le début de la souffrance pour de nombreux concurrents. Quelques uns ont déjà rendu les armes et marchent la tête baissée en quêtant un improbable revirement qui leur permettrait de repartir de l’avant pour les 12 derniers km. Notre héros lui, ne baisse pas les bras. La foulée est plus heurtée, on aperçoit des crispations de mâchoires qui laissent deviner que plus rien n’est facile. Pourtant, une fois les quais franchis, je le sens soulagé. Visiblement, cette partie du parcours était sa crainte et en passant au 30ème km en 2h15 il semble avoir limité les dégâts. C’est désormais une course contre la montre, il veut reculer le plus loin possible le moment où il entendra s’approcher dans son dos la horde du peloton des 3h15′. Il sait que c’est inévitable mais il faut lutter pour retarder l’échéance. Finalement c’est au 38ème km que la voix du meneur d’allure lui parvient aux oreilles. Et de la voix, il en a le bougre ! C’est une véritable chance qui s’offre à notre champion, il doit décider dans l’instant de son avenir dans cette course : rester au rythme auquel il est désormais tombé et accepter de voir s’éloigner le meneur d’allure et son objectif avec ou bien relancer le train sous les encouragements du porteur du drapeau jaune. A peine le temps de réfléchir, qu’il est déjà décroché mais dans un sursaut d’orgueil, il revient à la hauteur de l’oriflamme. Sous les exhortations du meneur d’allure, il revient à son tempo d’origine. Le kilomètre est tenu en 4′30 comme au plus beau moment et c’est en 3h00 pile que le 39ème est passé. Je suis totalement pris par ce final époustouflant, il n’y a plus de relâchement possible, l’avenue Foch est en vue. Dans un dernier élan, la ligne d’arrivée est franchie. Le chronomètre officiel annonce 3h15′15, c’est gagné. Avec le décalage du temps puce, il sera bien sous la barre des 3h15′. Une bénévole le débarrasse de sa puce, une autre lui glisse la médaille autour du cou. C’est fini, les jambes sont lourdes mais la satisfaction est là. Je me glisse auprès de lui pour recueillir ses premières paroles mais il reste muet, il veut savourer égoïstement ce moment pour lequel il s’est entraîné durement. Plus tard, il me confiera que sa satisfaction sur cette course tient dans les ressources qu’il a trouvées pour réagir devant l’inexorable érosion qui le guettait. J’ai pu boucler mon article à temps et le transmettre aussitôt au journal pour l’édition hebdomadaire mais malheureusement mon texte a été écarté pour des raisons d’actualité internationale. En effet, on venait d’apprendre que Britney Spears avait interrompue son concert à Vancouver en raison d’une fumée de cigarettes trop importante.

 

PS : N’ayez pas d’inquiétude sur mon état mental. Je ne suis pas subitement atteint ni d’un dédoublement de la personnalité ni d’un ego surdimensionné. Il s’agissait pour moi d’utiliser un artifice de narration afin de varier un peu du schéma habituel de mes récits de marathon. Merci de ne pas prendre ce texte au premier degré.

Olivier

 

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