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19 août 2007 par Olivier · Commentaires fermés
En novembre 2008, grâce à un concours, je partais à Athènes pour un séjour inoubliable avec Monique, Lionel et Manu, les 3 autres heureux gagnants. Nous avions couru le marathon aux couleurs de notre équipementier, c’est à dire en orange.
Un week-end athénien si fort en moments d’amitié que, malgré l’éloignement géographique, nous avons projeté de nous retrouver tous les ans à la même époque pour un rendez-vous autour d’une grande course.
C’est ainsi que nous nous étions retrouvés en 2009 avec nos conjoints à Saint-Sébastien et avions participé sous la tempête et même la grêle à la classique espagnole Béhobie-San Sebastian, lors d’un week-end mémorable (tapas y sangria…) que les météorologues avaient placé en »Alerte Orange ». Une météo qui ne nous avait pas empêché de gravir le Mont Urgull la veille de course (nous étions les seuls là-haut) en souvenir de l’ascension vers l’église St-Georges d’Athènes la veille du marathon pour éviter de faire prendre le funiculaire à Yoyo !…
Marseille-Cassis, une course tout en orange, a été choisie pour 2010. Tout s’annonçait bien pour ces retrouvailles orchestrées par Manu, parfait dans l’organisation : hébergement des familles au grand complet dans un centre de vacances, dossards préférentiels, météo sans risque dans une région où il ne pleut jamais… En plus, l’OM (2ème) devait jouer la veille le match au sommet de Ligue 1 contre le leader Rennes et nous avions dégoté quelques places…
Retrouvailles au grand complet dès le vendredi soir : Danielle, la mère de Manu, lui a fait la surprise de descendre depuis Dunkerque pour le voir courir, les enfants font connaissance autour de délicieuses crêpes et la casserole de veau de Sylvie nous fait oublier les prévisions météo calamiteuses pour les 2 jours à venir. Car c’est »Alerte Orange » en PACA !
Samedi : direction Marseille pour retirer les dossards. Déception : ils ne sont pas »préférentiels » comme convenu. Pendant la pause-repas (pasta-party assis-tailleurs dans le Hall), Manu et Yoyo se »mouilleront » jusqu’au siège de l’organisation pour les changer, mais en vain.
Le ciel se gâte, mais Manu a prévu une ballade touristique dans Marseille, avec ascension sur les hauteurs de la ville bien évidemment !
Après la boutique de l’OM, nous filons vers le Vieux-Port à pied par la Rue de Rome : c’est long ! Les capuches et les parapluies sont de sortie, mon coupe-vent de l’OM (ou plutôt celui de Didier Deschamps) fait son travail… Matis est épuisé et c’est grâce à lui que nous accomplirons l’ascension vers Notre-Dame de la Garde en bus ! Là, nous trouvons des coureurs qui prient et font brûler des cierges pour la course du lendemain. Je suppose qu’il réclament aussi une météo clémente…
Le panorama sur la rade est bouché, le déluge se prépare… mais il y a bonne ambiance sous l’abri-bus où nous nous sommes réfugiés ! Les rues de Marseille sont inondées. Le match de l’OM est reporté. Nous rentrons trempés de la tête aux pieds aux voitures et tardivement au gîte pour préparer… des pâtes bien évidemment !
Pour la course, tout est calé. Seuls Monique et Joël qui n’ont pas changé d’heure sont levés depuis 4h30 !
Arrivés vers 7h à Cassis, nous ne sommes pas seuls à prendre le bus… Je n’y trouve pas comme prévu Maurice de Podensac, mais nous avons convenu d’un autre rendez-vous à l’arrivée, tout comme avec Evelyne ma cousine avec qui j’irai boire un pot sur le port après la course…
L’attente pour monter dans les bus sera longue et nous arriverons juste à temps (c’est-à-dire à la seconde près !) pour jeter nos sacs dans les camions de consignes. Nous assistons à des scènes terribles de coureurs dont les sacs sont refusés après 8h30, et qui risquent de devoir courir lestés…. Mon appareil-photo se trouve dans le sac de consignes et, au grand regret de Yoyo, nous ne pourrons malheureusement pas immortaliser notre passage dans le virage nord du stade Vélodrome, si près de la pelouse…
Alors que beaucoup de coureurs patientent dans les travées du Vélodrome, nous nous rendons vers les sas où Manu aura la chance de passer du coté des élites grâce à un moment d’inattention des contrôleurs… Vêtus de sacs poubelles, avec Monique, Joël et Lionel, nous patientons tous les 4 dans la masse et dans la bonne humeur : l’occasion pour Lionel d’apprendre quelques ficelles de coureurs que je ne peux dévoiler ici…
Le départ est donné et nous passons la ligne près de 4 minutes plus tard, après avoir évité les sacs, vêtements et bouteilles laissés à terre. Comme l’an passé à Béhobie, il va pleuvoir sans discontinuer. Je perds rapidement Joël et file vers Cassis en zigzaguant entre les coureurs et en chevauchant les trottoirs et contre-allées sans jamais trouver mon rythme. Les animations prévues sur le parcours sont maintenues et les musiciens ou autres pom-pom girls ont bien du mérite à jouer dans ces conditions. Dans le col de la Gineste, il m’est encore difficile de passer tellement le flot de coureurs est dense, et j’atteindrai le sommet en moins de 50′. Au sommet, les coureurs s’amusent à s’arroser pour s’hydrater ! Le temps devient exécrable et les conditions dantesques : dans la descente, la pluie pique les yeux, les coureurs grimacent, il est impossible de s’abriter de ce vent de face et tourbillonnant, des flaques et autres ruisseaux se forment sur la route, mes chaussures »light » s’alourdissent et sont dans le ton de ce concert de »flic-floc » donné par les coureurs.
La pluie redouble à l’approche de Cassis où les conditions deviennent apocalyptiques : l’arrivée s’effectue dans des ruelles inondées, des torrents se sont formés, on a de l’eau au-dessus des chevilles, et il faut être prudent pour ne pas glisser dans certains passages sur le port. Les coureurs ont de l’humour : j’entends l’un d’eux répondre au speaker que c’est la première fois qu’il court « avec le masque et le tuba ! ». Mais, tout comme moi, il avait apprécié la course.
Dans ces conditions, et après un »coup de pompe » dans la côte des Pompiers, je suis »flashé’ après plus de 1h37 (1h34’04 » avec la puce) à la 1601ème place sans voir la ligne d’arrivée. Il me semble qu’avec des conditions moins exceptionnelles (…) j’aurais pu courir en 1h30, mais pas de regret, mon objectif reste le marathon de La Rochelle et l’important était de passer le week-end entre amis…
A la sortie, c’est un beau bazar pour récupérer les sacs de consignes, étalés sur une place inondée… Nos affaires sèches ne le sont plus vraiment, quelques coureurs sont mécontents. Dans les rues de Cassis, impraticables, les coureurs cherchent des abris pour se changer, le tout dans la bonne humeur…
Je mettrai du temps à récupérer Joël (1h37), Lionel (1h58), Monique (2h09), et Manu (1h20, 115ème), mais je ne retrouverai ni Evelyne (1h22 – on se verra à La Rochelle), ni Maurice (1h55). Lionel est déçu de ne pouvoir ajouter une médaille à sa collection. Il n’a pas tort, moi aussi j’aurais aimé rapporté un souvenir de cette course que je suppose superbe par beau temps…
Nous rejoignons Danielle et les 2 Sylvie au glacier du port où j’apprécie le T-shirt sec que me propose Lionel ainsi que le chocolat chaud…
De retour au gîte, et après la douche, nous pouvons déguster le champagne.
Nous quittons nos amis en fin d’après-midi. Les enfants nous demandent pourquoi nous ne nous retrouvons qu’une fois par an, et pourquoi au mois de novembre…
Rendez-vous est déjà pris pour 2011, reste à fixer la destination.
Le mot de la fin pour Monique : « l’an prochain, nous nous retrouverons en Bretagne, comme ça on ne sera pas déçus par la météo… » Y aura-t-il enfin le soleil ou bien, jamais 2 sans 3, une nouvelle »Alerte Orange » ?
Christophe
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18 août 2007 par Olivier · Commentaires fermés
Vous me direz, à quoi bon faire le récit d’un échec ? Sans doute parce que c’est moins cher qu’une séance chez le psy et tout aussi efficace.
Il n’entre pas dans mon intention non plus de faire pleurer dans les chaumières. Ce n’est que la 4ème fois que j’abandonne sur cette distance. A Belvès, mon record établi sur l’ancien parcours en 1994 était de 70 km. J’avais prolongé jusqu’à un improbable 88ème km sur le parcours plus roulant de Chavagnes en Paillers en mettant mon corps à la torture. J’ai eu la faiblesse de croire que 16 ans après, j’étais peut-être devenu un autre homme, plus fort dans mon corps et dans ma tête.
Pourtant, tout se présentait plutôt bien avec une préparation qui s’était déroulée dans d’excellentes conditions et dans le respect de l’évangile selon Saint Bruno Heubi « Courir longtemps » qui était devenu mon livre de chevet. J’avais à mes côtés Benoît, un accompagnateur zélé qui avait choisi de venir de Toulouse à vélo histoire de s’échauffer les gambettes sur 170 km avant de prendre le départ à mes côtés samedi matin. Ma petite famille était elle aussi de la partie pour me soutenir le long du parcours. Bref, j’étais comme le Roi Carotte mais c’était sans compter sur la fragilité d’un système gastrique récalcitrant à l’effort prolongé.
Sur la ligne de départ, nous sommes près de 800 à nous élancer dont 500 espèrent bien revenir sur Belvès alors que les autres, plus raisonnables, envisagent de terminer leur périple à Sarlat.
Après un petit tour de village aux côtés de Jean-Marc, nous voici lancés dans la descente où je prends garde avant tout au respect de mon allure spécifique. J’en profite pour échanger avec les vieux briscards de l’ultra qui me racontent quelques une de leurs folles aventures où le temps passé à courir ne se mesure plus qu’en jours. Respectant scrupuleusement ma feuille de route alimentaire, je m’astreins à boire une gorgée de potion magique toutes les 10 minutes. La journée s’annonce chaude et ce n’est clairement pas une bonne nouvelle pour moi. Au 8ème km nous retrouvons nos accompagnateurs qui avaient devancé le départ afin de ne pas perturber le peloton trop compact. Benoît se glisse à mes côtés et nous mettons au point notre communication qui reste guidée par notre discrétion commune. Au 20ème km nos supporters sont là et c’est bien agréable de les voir. Un peu plus loin, c’est Richard qui a fait le déplacement. Il court quelques centaines de mètres à mes côtés et participe à la fête. Le soleil commence à taper fort et les organisateurs distribuent des bobs. J’en saisi un au passage par précaution. Le parcours se révèle plus difficile que je l’imaginais et les côtes succèdent aux côtes. La soif commence à me saisir mais j’hésite à boire plus. Je sais que mon estomac n’acceptera pas d’être noyé. J’ai mangé un des petits sandwichs au fromage que je m’étais préparé. Cet encas chasse agréablement le goût sucré qui commence à gagner ma bouche. J’ai beau me remémorer toutes les belles et longues sorties effectuées sans problème ces derniers mois à l’allure spécifique, je sens bien qu’aujourd’hui je suis beaucoup moins à l’aise. La chaleur et le parcours n’expliquent pas tout, il y a bien un syndrome 100 km dans mon corps. Lorsque je passe le cap du marathon en 4h20′, les signaux ne sont pas bons. Pris des premiers vomissements, je revis la douloureuse et lente descente aux enfers déjà connus lors de mes précédentes tentatives sur la distance. Je sais d’ores et déjà qu’il me sera impossible de rejoindre l’arrivée. Je ne peux désormais plus m’alimenter. A la moindre petite gorgée d’eau ingérée, mon estomac se révolte. Et pourtant, Dieu que j’ai soif ! Je ne parviens même plus à apprécier le formidable environnement de ce parcours. La belle piste cyclable ombragée qui nous conduit à Sarlat me paraît être un véritable chemin de croix. Je ne parle plus et Benoît a compris même s’il fait tout ce qu’il peut pour maintenir l’espoir. Je me dis que le plus raisonnable est d’abandonner aux 50 km à Sarlat. J’imagine y retrouver ma famille et en terminer là. Bon, finalement la famille n’est pas là et je passe ce ravitaillement comme un zombi, je ne peux de toute façon rien avaler. Juste une bise à Marie-Claude qui m’encourage. Au 55ème km, je fais un arrêt prolongé à l’ombre d’un arbre. Benoît tente de me faire manger un peu de pain afin de calmer mes spasmes stomacaux. Des coureurs viennent me soutenir, il y a une énorme solidarité dans ce monde de l’ultra. Je suis submergé par une vague de désespoir, les larmes coulent. C’est fini, je dois accepter l’échec et faire le deuil de cet objectif qui me tenait tellement à cœur. Je me relève pourtant et lorsque j’aperçois Jean-Marc, je me dis que ce serait bien de faire un petit bout de chemin ensemble. Je lui emboîte le pas et tente de maintenir son allure. J’ai la tête basse et le masque de l’épuisement se lit sur mon visage. 60ème km, je m’accroche, nous passons devant nos supporters qui comprennent bien que rien ne va plus pour moi. Maëlle se porte à mes côtés pour courir et m’encourager, de nouvelles larmes jaillissent. Mais c’est donc que j’ai encore un peu de liquide dans mon corps !
Sur les périodes de marche, je ne parviens pas à suivre le rythme de Jean-Marc. Je l’exhorte à ne plus s’occuper de moi et à continuer sa course. Il me faudra lui demander plusieurs fois pour qu’il accepte enfin. Désormais, je ne peux même plus courir. Je marche, je ne sais pas pourquoi mais je marche, l’échine courbée et proche de l’épuisement. Benoît me conseille d’adopter un rythme plus dynamique afin de casser la lente agonie qui s’installe. Je tente mais retombe vite, j’ai l’impression de traverser un désert, mon objectif est le prochain oasis. Au prochain village c’est sûr je m’arrête. Je m’assois sous le préau et m’affale, la tête sur la table. Dormir, je veux dormir et ne plus courir. Je rentre dans les locaux des secours pour m’allonger plus confortablement. Je suis pris en charge, tension, rythme cardiaque … La réhydratation par voie naturelle échouant inexorablement, le médecin tente la perfusion. Après trois tentatives qui vont me laisser les bras en compote, il renonce. Dormir, je veux dormir et ne plus courir. Oui bien sûr mais il faut quand même boire et là ce n’est pas gagné ! Je vous passe les détails des étapes de la réhydratation qui se heurtent à la révolte de mon estomac maltraité. Mireille et Maëlle sont venues à mon chevet et constatent les dégâts. Benoît est parti finir le parcours et rejoindre Jean-Marc qui doit maintenant approcher de l’arrivée.
Marie-Claude est venue nous chercher, je ne suis guère vaillant mais l’idée de retrouver un lit pour y dormir me donne l’énergie nécessaire à quitter le poste de secours. Je remercie malgré tout le docteur parce que je ne suis pas rancunier. Dans la voiture je reçois un appel de l’ami Moulay qui s’inquiète de mon sort et qui me berce de paroles réconfortantes. Je n’arrive plus à parler, ma bouche est collée, je n’ai plus une goutte de salive. Le chemin me parait bien long en voiture, je n’imagine même pas ce que cela aurait pu être en courant. On aperçoit ça et là des concurrents qui en terminent. Je m’aperçois que je ne suis vraiment plus du tout dans la course et que je ne parviens plus à m’y intéresser. Dormir, je veux dormir et ne plus courir.
Je décline l’invitation au repas périgourdin que mon estomac me déconseille fortement et après une douche bienvenue c’est avec un délice non dissimulé que je retrouve mon lit et ma bouteille de Perrier.
Je reçois tout un tas de petit SMS des amis qui me font chaud au cœur et mes yeux se ferment entre deux gorgées de boisson pétillante. Je peux enfin dormir …..
Olivier
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15 août 2007 par Olivier · Commentaires fermés
Il y a quelques mois je me retrouve à discuter avec Olivier (Bikila-CLM) en lui disant que je cherchais quelque chose pour l’année de mes 40 ans, soit un grand marathon soit un 100km, histoire de se lancer un défi. Le grand marathon fut fait 3 mois après puisque je partais faire New York (mais à 39 ans), donc il me restait le 100 !!!. On se tape dans la main, Belvès sera notre lieu de rendez-vous pour cette énorme épreuve.
A partir de là, c’est d’abord l’inscription qui ne permet plus de reculer, dossard 77, tiens ça sonne juste ce chiffre et ça me donne confiance, parfois on s’attache à peu de chose… puis vient la bonne nouvelle Fabien mon cousin m’accompagnera et me coachera à partir de là c’est la positive attitude !!!
De janvier à avril, la préparation a été parfois difficile, le froid, la pluie, courir seul pour m’imprégner de ce rythme particulier qui sera le mien durant 100 km. Quelques courses, très sympa en compagnie des membres du club des Galopins, Saucats, Bazas et St-Selve avec Fabien.
Et puis au final, la date du 24 avril 2010 approche rapidement, il reste 1 semaine, voilà 4 ans tout juste que je partais toujours avec Fabien (tiens il y a des gens comme ça qui reviennent dans une vie) faire mes premiers 5 km, je me souviens, il faisait chaud et j’étais cramé ! 4 ans aussi où je m’inscrivais au club des Galopins Brédois et où Olivier me conseillait pour un marathon de Madrid inoubliable, bref plein de rencontres dans ce club qui m’ont permis de me dire et pourquoi pas un 100 !!??
Pour moi, la course reste un vrai plaisir, tout comme la table, finalement les deux sont conciliables sauf en période de préparation d’un 100… je sais que je ne ferais jamais un exploit en terme de temps, mais mon objectif est ailleurs, prendre plaisir même si l’on souffre parfois un peu !
J-3 : Dernier entraînement avec les Galopins, cela faisait 4 mois que je n’y participais plus histoire de garder mon rythme, mais un vrai plaisir de retrouver les Galopins et les encouragements pour samedi. Voilà, j’ai fait ce qu’il fallait avec mes possibilités (3 sorties par semaine durant 4 mois avec la méthode Cyrano 14/1)
J-2 : Je travaille et ça fait du bien car ça m’évite de trop penser à la course, surtout que la nuit précédente j’ai rêvé que j’arrivais à Sarlat très fatigué ouf, ce n’était qu’un rêve.
J-1 : Départ pour Belvès et installation au camping du Moulin de la Pique, avec Annie et Fabien la famille. Nathalie ma femme et Manon, Romain mes enfants, Maxim trop petit ne participera pas à l’expédition. Olivier et sa famille (plus Benoît son accompagnateur) nous retrouvent le soir et nous partons retirer les dossards. Je me sens bien, j’ai la sensation d’avoir fait ce qu’il fallait maintenant je veux y être le plus vite possible. Nous mangeons le soir ensemble, ça rigole pas mal autour d’une bouteille de vin rouge du Domaine de Couquereau (le sponsor de chaque course) et puis il faut se coucher sans en avoir trop envie. Je finis par faire une bise aux petits et Romain me dit « Papa demain tu gagnes ! » Là je dois avouer que la pression est montée d’un cran, j’ai dit « oui ». On fait les derniers réglages avec Fabien, la lumière s’éteint il faut se coucher.
Jour J : 100km du Périgord Noir
Levé 6h, petit déjeuner et on arrive à Belvès. Pour moi, c’est l’inconnu vraiment je ne sais pas à quoi m’attendre, 2-3 mots avec Olivier mais je suis un peu tendu, j’ai en souvenir tous ces gens qui me disaient « tu es fou », « c’est pas humain », « pourquoi tu fais ça ? » mais aussi tous ceux qui m’ont encouragé depuis 4 mois et pour qui je devais donner le maximum.
BOUM, BOUM, BOUM c’est parti !!
Nous voilà avec Olivier pour les 2 premiers kilomètres dans le village de Belvès et puis on se donne rendez-vous à l’arrivée chacun son rythme, chacun sa course, c’est un peu ça aussi le running.
Dés la descente de Belvès je me cale sur 14-1 la fameuse méthode, il fait un temps idéal, l’ambiance est excellente.
Première traversée de la Dordogne à Siorac, là je me dis que cette course à un cadre splendide et que je vais en prendre plein les yeux. Je retrouve Fabien et c’est parti pour la grande aventure.
Premier panneau 10km, petite photo qui me vaut quelques remarques de mes amis coureurs, mais j’ai décidé de faire ça tous les 10 donc je fais.
Nous traversons de superbe village : Mouzens, Saint-Cyprien, Bézenac, le 20km est là, on plaisante avec Fabien histoire d’enlever un peu de pression et de garder le rythme. Mon groupe de supporters, plus Richard un Galopins de plus est là, même vers le 20ème ça fait du bien, une bise à la famille et je repars, une obsession le 14-1, ça m’occupe et je me sens bien.
Nous voici au château de Beynac, le village de la Roque Gageac, à Vitrac au 30km mon équipe est là solide et bien disposée à manger au restaurant d’en face pendant que moi je trotte, je sais que je les retrouve au retour c’est à dire d’ici 30 km ça me paraît long mais bon la semaine prochaine c’est moi qui irait au resto avec une belle côte de bœuf ! Ça aussi ça motive, enfin là, je pense surtout à ne pas louper mes ravitaillements, pastille de sels, glucose, banane et de l’eau car ça commence à cogner dur avec ce beau soleil. Fabien me conseille d’arrêter les chips, moi je trouvais ça bon, mais avec les ravitos tous les 5 km ça risque de peser à la fin.
J’avance toujours avec de belles sensations magnifiques château de Montfort, l’église de Carsac et nous voici à Sarlat 50km ou je croise une galopine Marie-Claude venue nous encourager et ça fait plaisir. Les 5 derniers kms avant Sarlat sont exceptionnels, une ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable entourée de 2 murs couverts de fougère, il fait frais et j’avance toujours avec mon 14-1.
Là, j’avais prévu de passer à 9-1 mais comme je me sens bien je continue, Fabien téléphone à mes parents pour les rassurer et là j’entends « dis-lui que c’est bon qu’il arrête !!!! », Il raccroche et on rigole un bon coût. Quelques étirements et ça repart.
Au ravitaillement 55km, je tombe sur Olivier qui n’est pas bien, je lui propose de me suivre, il s’accroche mais je sens que c’est dur, persuadé qu’il va récupérer et repartir j’insiste, il suit mais c’est difficile. Il fait terriblement chaud, nos supporters ont bien mangé et nous les retrouvons comme promis au 60km. Olivier me dit de partir, je lui demande de marcher jusqu’au bout même si je vois bien que c’est dur, très dur. Je lui promets d’arriver au bout mais je prends un coup au moral, Fabien me remobilise sur ma course et me dit de penser à moi, c’est difficile mais je crois qu’il a raison, c’est un sport qui se vit de l’intérieur, un peu d’égoïsme pour mieux partager ses expériences d’après course avec les autres runners.
70 km, château de Castelnau, ça commence à être dur mais je retrouve mes supporters et du courage. On plaisante de moins en moins avec Fabien, superbe château des Milandes (Joséphine Baker pour les amateurs) et le château de Fayrac.
80 km, là c’est très dur et je commence à me poser certaines questions, Fabien me fait un petit massage qui me fait du bien, les supporters sont là aussi, je leur demande de ne plus venir, rendez-vous à l’arrivée mais ils ne m’écouteront pas à ma plus grande joie.
Je tente de passer en 9-1 mais c’est dur, le 4-1 ne passe pas non plus, je marche je cours 30 secondes et puis je ne peux plus, je marche, je marche, j’essaie de marcher vite mais je me fais doubler par des marcheurs plus rapides au fond de moi j’enrage mais je ne peux pas faire mieux.
90km, Fabien et Benoît (l’accompagnateur d’Olivier) tente de me relancer et me revoici sur ce fameux pont de Siorac ou je m’étais dit 11h avant que cette course allait être magnifique. Je donne mes lunettes et la casquette à Fabien, je m’installe David guetta dans les oreilles et je me motive pour redoubler tous ceux qui m’avaient doublé depuis le 80.
Plus que 8 km, je vois mes petits, je prends le temps de faire une photo rapide, un verre de Perrier au dernier ravitaillement mais là plus de 14-1, j’avance le regard vers le loin, j’essaie d’allonger, le 95 arrive vite, je double, je double, je me fais une pose, Fabien s’avance me donne les dernières gouttes d’eau de la bouteille, ils sont derrière moi pas un mot, je finis ma course.
Je double et j’arrive sur cette fameuse montée vers Belvès 1km800 pour finir, je vais en faire la moitié en courant, j’ai bien doublé tous ceux qui m’avaient passé au 80 même plus, plus que 200m, Manon et Romain viennent me chercher, on court ensemble, je ne vois plus grand chose car je suis ailleurs, nous franchissons la ligne en 13h17min12sec, une pensée pour Olivier et je jette un SUPER entouré de ma famille et mes amis!
C’est facile de raconter une course, c’est difficile de dire ce que l’on ressent lorsque vous affichez 100 au compteur, une émotion intense pour tous ceux qui m’ont accompagné et pour moi un vrai sentiment de victoire. Une victoire sur soi avant tout, une victoire pour ceux qui y ont cru et un bonheur immense à partager.
Ce texte est un peu long, mais 13h17min12sec de course à raconter ça peut bien prendre trois pages et puis un jour je relirais ce texte avec toutes ses sensations au fond de moi pour ne jamais rien oublier.
Jean-Marc
« Pour vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » Danton
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Il est 6 heures, Cabanac s’éveille mais cela fait déjà 1h30 qu’un habitant a déjà chaussé ses lunettes. Il ne part pas travailler, il n’a pas la dernière tétée à donner , non , aujourd’hui il court, il court son premier marathon.
Comme ce n’est pas d’Alain Delon que l’on parle , je vais revenir à un style de narration plus classique en utilisant la première personne du singulier.
Si je me suis réveillé si tôt c’est tout simplement que ce 11 octobre est une date un peu spécial, restera t-elle toujours spéciale, je n’ai malheureusement pas encore la réponse . Cela cogite donc. Heureusement le voyage se fait accompagné d’Olivier et de Xavier. Un calme « olympien » se dégage de ses deux coureurs expérimentés ( Pour Olivier extrêmement olympien !!!).
Mine de rien , cela rassure et évite de gamberger.
Nous arrivons bien en avance et notre préparation se fait sereinement.
Olivier et Xavier me propose d’aller s’échauffer !!? Oui vraiment expérimentés, ce n’est pas en fait 42 mais 46 ou 47 bornes au total qu’affichera leur compteur à la fin.
Me concernant, je coupe les virages à la corde pour aller écouter le débriefing d’avant course .
C’est à 9h15 après avoir optimisé chaque centimètre de route que j’écoute attentivement les consignes de l’organisateur. Bizarrement, c’est à ce moment bien précis que survient ma plus grosse montée de stress. Est-ce que je n’ai rien oublié ? ( bon les chaussures ça se verrait) Pourquoi je n’ai pas fait d’abdos ? Que se passe t-il après ce fameux 30° kms ? Ma préparation va t-elle être suffisante ? Et puis mes objectifs ? C’est en me rendant sur la ligne de départ ( ligne droite toujours pour obtenir le plus court chemin !) que ses fameux objectifs me reviennent à l’esprit. Tout d’abord TERMINER , si c’est possible entre 4h et 4h30 et si le phare est avec moi plus près de 4h que de 4h30. Avec toutes ces conditions à l’esprit, on s’étonne que je sois stressé.
Départ 9h30 pétante (pas si pétante que ça le pistolet a des ratées) .
Je remarque que le peloton est bien plus âgé que sur une course à plus faible kilométrage et tous me paraissent affûtés Je me dis que les autres concurrents pense la même chose de mon physique. Enfin , je l’espère car je fais carême depuis plusieurs semaines , du carême périgourdin je veux parler bien sûr. Pas une volaille, pas un coin-coin ,pas une pomme de terre qui baigne dans la graisse de cette même volaille . Et si le canard était rancunier : encore un stress à gérer !
Comme prévu, le parcours est super sympa car comme le dit si bien la brochure du marathon des villages « certains marathons sont fait pour les chronos, d’autres ont du goût pour la nature et pour les yeux.
Je pars sur un rythme inférieur à celui prévu soit 6mn au kilomètre et c’est à cette allure que je traverse la pointe aux chevaux, le village de Piquey et le panneau indiquant le semi . Je suis beaucoup moins stressé car mes sensations au semi sont très positives . Je n’ai plus qu’une seule question sans réponse : la gestion du passage du 30° kilomètre.
Au 27 ° kilomètre, j’arrive à la pointe du Cap , un clin d’œil à la dune , j’en prends plein les yeux.
C’est le retour ! Sur une course classique, j’aime bien utiliser l’expression « çà sent l’écurie » . Sauf que là je n’ai pas d’odeurs de crottins qui effleurent mes narines. Normal, elle est à plus de 15 bornes !
Ma petite famille est là , je la croise au 30° encore bien (je peux affirmer dans leurs regards qu’eux aussi sont rassurés à me voir encore avec deux jambes , deux bras et un sourire qui témoigne que je ne suis pas encore entré dans le dur).
Le moins bien arrive au 34 ° kilomètre. Le mental doit maintenant me faire oublier des muscles à la souplesse plus que réduite. Et le mental répond présent , le 10 km/h est pratiquement respecté . Le temps commence à être long mais la traversée des villages ostréicoles de l’Herbe et du Canon redonnent de l’énergie . Au 40° kilomètre , je me vois contraint de réduire l’allure mais le grand sourire sera quand même affiché à l’arrivée avec un chrono autour de 4h20. Je suis marathonien !!!
Je voudrai terminé ce message en tournant mon regard et mes pensées vers le passé. Tout d’abord le passé proche , c’est-à-dire mes 10 semaines de préparation . Merci à ma petite famille d’avoir été toujours présente ( alors que mon entraînement me forçait à être absent), et également à mes 2 potes qui m’ont accompagné lors de mes sorties longues dominicales ( je m’en souviens notamment d’une qui a été copieusement arrosée !!!).
Puis en me remémorant des souvenirs plus lointains, je me rappelle un mercredi 18h ,il y a un peu plus de deux ans maintenant. J’avais participé au premier entraînement loisirs des galopins brédois. La séance était construite de plusieurs séquences de 5minutes de course lente suivie de 2 minutes de marche . J’ai croisé ce jour-là Olivier qui a su tout de suite me transmettre sa passion . Rapidement , j’ai rejoint le groupe du dimanche et tous les dimanches, je baigne dans une ambiance où courses, marathons, conseils et convivialité sont les maîtres-mots.
Alors à tous ceux qui sans le savoir, peut-être, m’ont donné envie de me dépasser pour courir cette distance mythique, je leur dis tout simplement MERCI.
Oui, ce 11 octobre restera vraiment un jour spécial.
O2C
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14 juillet 2007 par Olivier · 3 commentaires
Le Challenge d’Ossau, c’est mieux qu’une carte postale de la région, c’est un véritable guide qui permet, en 4 étapes, de mieux connaître cette magnifique vallée d’Ossau tout en s’affrontant à la montagne… et d’en tirer les leçons…
Etape 1 - Tout commence à Rébénacq, charmante bastide béarnaise à l’entrée de la vallée, ensoleillée en ce samedi de mi-mai. La récompense de la Ronde du Pic, un T-shirt 64 noir avec des inscriptions jaune fluo du plus bel effet, m’est remise avec le dossard. Pas très motivant, mais je prendrai tout de même le départ, car c’est mon premier challenge, et que c’est aussi l’objectif de ma saison. Le parcours se compose de 2 boucles autour du Pic, depuis le centre de Rébénacq, de manière à couvrir 15km. Des passages agréables dans et autour du village, en particulier l’emprunt en file indienne d’une passerelle étroite, et une sacrée difficulté aux 3ème et 10ème km : une montée de plus d’un km (plus raide que Béthanie) qui, abordée sans la nécessaire prudence, révèle vite les excès du départ et calme les ardeurs. Ajoutez à cela les premières chaleurs, vous comprendrez que j’ai accompli ma deuxième boucle à une allure très raisonnable et que j’ai terminé la course complètement épuisé en plus de 1h06’. Je termine néanmoins devant Christophe, collègue CPE d’un grand lycée palois, que je commence à m’habituer à retrouver et distancer ici à Rébénacq (il s’était également aligné à l’étape pédestre Pau-Rébénacq de la Pyrénéa triathlon)…
Une entame difficile du Challenge, alors que cette course ne m’était pas inconnue et que je pensais l’aborder en bonne condition physique. L’entre-deux courses sera consacré à la récupération.
Etape 2 - Rendez-vous était donné aux coureurs 3 semaines plus tard aux fêtes d’Arudy pour l’équivalent d’un semi-marathon entre Arudy et Eaux-Bonnes : ‘’Lo Petit Aussalès’’. En ce samedi après-midi de début juin, départ groupé en voiture de Pau avec Christophe, et ses copains Christophe et Cyril. Le deuxième Christophe est un sacré client (1h01’ à Rébénacq) et le repérage de la fin du parcours en sa compagnie s’avèrera utile pour la suite. Quant à Cyril, ossalois de souche, il nous sera efficace pendant l’échauffement pour forcer les barrages des festayres arudyens… Ce ne sont pourtant pas ces joyeux drilles qui me feront rater pour la première fois le départ d’une course ; le départ a été donné alors que j’étais en pleine conversation derrière l’église avec Denis Laffaille… (cela ne l’empêchera pas non plus de remporter l’épreuve avec près de 2 minutes d’avance sur le girondin Sébastien Horrereau). Départ en queue de peloton donc et avec prudence cette fois. La leçon a été retenue : il y a 16 km de chemins plus ou moins plats, et une ascension de 4,6 km de Béost aux Eaux-Bonnes (Béthanie en plus long…). Je mettrai près de 3 km à rattraper Christophe parti aux avant-postes, et je le sentirai collé à mes basques jusqu’au pied de la montée. Sans m’affoler de sa proximité, je profite du paysage et des scènes typiques qui nous sont offertes : les vautours qui surplombent et planent au-dessus des coureurs, le passage dans les villages ossalois au milieu de la transhumance qui ralentit des concurrents pas mécontents de pouvoir en un laps de temps recharger les batteries… La montée vers Eaux-Bonnes (repérée fort heureusement en voiture) se fera ‘’au taquet’’ et me permettra de remonter plusieurs places jusqu’à l’arrivée, franchie en 1h35’ où m’est remis le T-shirt 64 rouge. Récompense méritée même si, avec ma forme de fin de course (à mes adversaires du jour, je dirai sous forme d’intox que j’aurais pu continuer à ce rythme jusqu’à Gourette…), je nourris quelques regrets de ne pas avoir attaqué plus tôt pour creuser les écarts… L’ambiance est bonne dans la voiture du retour, chacun étant satisfait de ses performances personnelles (1h30’ et 1h36’ pour les 2 acolytes Christophe, 1h42’ pour Cyril). Au classement général, l’essentiel est là, je devance toujours mon collègue CPE de 2’10’’…
Pendant les 3 semaines qui suivent, en perspective de l’Ossaloise, je vais m’attacher, tout comme mon collègue, à faire évoluer ma préparation vers un travail de côtes, le parcours annoncé s’annonçant terrible : 25 km avec 920m de dénivelé positif… A ce jeu, il s’avèrera plus efficace que moi.
Etape 3 – Dimanche matin, fin juin : départ de Louvie-Juzon pour Laruns par le Col du Coutchet (1350m). En apparence, vue de profil et sur le papier, la course n’est pas simple : près de 12km de montée, 7 de descente ; seuls les 6 km de plat vers Laruns semblent abordables… L’Ossaloise est l’épreuve redoutée de tous les participants au Challenge. Pour preuve, Christophe (le cador) préfère renoncer à prendre le départ… C’est donc Cyril et Christophe (CPE) que je retrouve motivés et échauffés sur la ligne à Louvie-Juzon, mon organisation personnelle (signe de démotivation ?) n’ayant pas pris en compte le retrait du dossard (et du T-shirt 64 de couleur grise) à Laruns, lieu d’arrivée de la course… Pas d’échauffement donc pour moi, et même si la course est longue, je prends rapidement les devants au départ sur mes compagnons de course. L’ascension annoncée se présente après le km2, et au fil des kilomètres, les difficultés vont s’annoncer : impossible de trouver un rythme régulier, coup au moral lorsque Christophe me rattrape avant le ravitaillement du 8ème km. Je n’arrive pas à tenir son rythme, mais il reste en point de mire jusqu’au sommet et je garde l’espoir secret de le reprendre dans la descente. Le panorama offert est toujours aussi splendide, mais le moral n’est pas là… La fin de l’ascension se fait à la marche, car mon rythme de course est encore moins rapide et mon rythme cardiaque dans le rouge… Dès les premiers lacets de la descente de 7 km, je redoute l’apparition de crampes (les mollets et l’arrière des cuisses me ‘’chatouilleront’’ jusqu’au bout). Dans la descente, des concurrents me rattrapent et je dois me résoudre à les laisser filer, s’envoler… La dernière partie, 6 km sur route et en plein soleil, ressemblera à un véritable calvaire. Les brumisateurs installés sur le parcours parviendront si bien à me rafraichir que j’aurai du mal à laisser ma place sous l’agréable douche à mes suivants ! Mais il faut repartir et c’est très difficilement et plus fatigué qu’après un marathon que je franchis la ligne en 2h22’… plus de 4 minutes après Christophe (Cyril suivra en 2h37 ‘).
Christophe me devance maintenant au classement général : 1’48’’ nous séparent ! Force est de reconnaître que son entraînement, sa motivation, ses efforts, sa persévérance ont porté leurs fruits (appréciation digne d’un conseil de classe - encouragements ou félicitations ?!). Des progrès qui le placent en 30ème position du classement général et donc dans l’encart spécial sur les 30 premiers coureurs publié le lendemain dans la presse locale. Je suis 31ème….
Un challenge dans le challenge est né, non dénué d’intérêt : celui entre CPE (et même entre les Christophe CPE !) !…. Les vacances arrivent à point nommé pour nous permettre une préparation optimale et un entraînement sur mesure ! Sur ce plan-là, nous partons à égalité ! Mais dans un premier temps, place à la récupération !
Rendez-vous est donc donné à l’Aubisque pour l’étape décisive… De quelle couleur sera le T-shirt ?!
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