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Les dates étaient notées en rouge (pas d’une pierre blanche parce que ce n’est pas possible) sur le calendrier dans la cuisine : 2 week-ends consécutifs de course avec ses collègues du lycée. Alors, il a bien fallu adapter le programme familial en fonction !
Dimanche 29 mars : malgré le passage à l’heure d’été, il y a du mouvement de bonne heure dans le salon ; mais en dépit de tous ses efforts (étirements bruyants, va-et-viens dans toutes les pièces), il ne parviendra pas à sortir du lit le reste de la famille.
Il a rendez-vous de bonne heure avec ses équipiers-cuisiniers au Parc Beaumont de Pau pour récupérer le dossard témoin qu’ils auront à amener, à tour de rôle, jusqu’au sommet de Gourette, point d’arrivée de la Pyrénéa, le triathlon des neiges du Béarn.
Christophe prendra le départ de l’épreuve et accomplira plus de 18km à pied, de Pau à Rébénacq : moi, déjà en voiture, je trouve ça long, monotone et surtout sans intérêt, alors je n’ose pas imaginer à pied… et en courant !
Voici ses impressions postées sur le forum des Galopins après la course :« Un départ agréable avec un passage sur le Boulevard des Pyrénées et la traversée du Château de Pau. Départ vite oublié dès l’emprunt de la rue du 14 juillet qui nous conduit vers Gan, au milieu des voitures et des gaz d’échappement. Et oui, Olivier s’en souvient, nous empruntons la même voie que le Marathon de Pau 2005, et les bosses sur la nouvelle rocade n’amélioreront pas l’ambiance dans le peloton. Je m’accroche pour rallier Rébénacq dans les temps fixés par notre coach Noël, 1h15. (A l’arrivée, j’apprendrai que je viens de parcourir 18,4km, soit 1km de plus qu’annoncé, je suis donc satisfait de ma performance). »
A l’arrivée de sa course, Christophe prend le temps de nous appeler. Il est 10h45 à la nouvelle heure mais ne nous a pas réveillés ! Nous sommes rassurés ! Cette fois, il n’est pas sous la tente de la Croix-Rouge !
Comme il neige à Gourette, nous n’irons pas le rejoindre à la montagne pour pique-niquer à midi, on se fera inviter chez ses parents !
Ensuite, ses collègues Noël et Alain prendront le relais à vélo et à ski. Suite du récit de Christophe :
« Noël enfilera rapidement le chasuble témoin 234 et filera à toute allure vers Laruns avant de grimper 14 km du col d’Aubisque : il atteindra son objectif de 1h40 pour 35 km (22 de moyenne).
Quant à Alain, en montagnard chevronné, il montera jusqu’à Cinto (700m de dénivelé+) et redescendra sur Gourette en 1h15, exactement comme le lui avait demandé Noël notre capitaine !
Tout le monde s’est fait plaisir et s’est donné à fond pour l’équipe, que dis-je, le lycée ! Bravo à eux et merci pour cette belle journée dans les Pyrénées en leur compagnie. »
Mon mari est heureux : voilà l’essentiel! Fin de ses impressions de course :
« Une bien belle épreuve que j’ai découverte aujourd’hui et que je rêve de pouvoir accomplir un jour en individuel. La partie « Course à pied » avait finalement peu d’intérêt (parcours peu attrayant et difficile), mais j’ai apprécié l’ambiance à Rébénacq et Gourette, ainsi que l’organisation bien rodée (très bien le repas d’après-course !)..
S’il me fallait me fixer un objectif raisonnable : l’an prochain je me teste sur la partie Ski (avec des galopins ?) et dans 2 ans, je me lance dans l’aventure seul ! Mais avant, je demanderai l’avis de Noël… »
Et l’avis de sa femme, non ??
Samedi 4 avril, 6 jours plus tard, rebelote ! Encore une course avec des collègues ! La nouveauté, c’est de partir courir la nuit dans la nature : La « Nouste trail » qu’elle s’appelle la course.
C’est David, son collègue triathlète (le scientifique) qui a lancé l’idée de participer à ce trail nocturne (départ à 21h) il y a au moins 3 mois. Comme il avait semble-t-il réussi à enrôler dans son sillage les autres triathlètes du lycée (Alain le charcutier, Valéry le pâtissier), mon Cri-cri avait fini par se décider à courir ce trail (même si pour lui, au départ, faire un trail, c’est pour « profiter des paysages !»), au point de s’équiper spécialement pour l’occasion (chaussures de trail et frontale).
19h : après un repas à base de pâtes (et peu après collation), Christophe est en ligne avec David qui, malade, doit renoncer ; du coup, après le forfait annoncé (et justifié) d’Alain et celui de Valéry (qui s’est aligné aux 10km de Lacq), je retrouve mon mari dans le salon, débardeur Gold du Running Club sur le dos et frontale sur le front, qui scrute le ciel qui se couvre de nuages… A la recherche de motivation, Christophe nous laisse quand même. Il embrasse sa petite famille en précisant qu’il ne serait sûrement pas de retour avant 23h30.
Je passe la soirée avec les enfants à regarder un dessin animé et nous nous couchons aussitôt après. Les enfants trouveront rapidement le sommeil ; quant à moi, la lecture de Max Gallo me tiendra longtemps éveillée…
A minuit, j’éteins la lumière, Christophe n’est toujours pas rentré ; il ne devrait pas tarder… Il n’a probablement pas téléphoné de peur de réveiller la maisonnée, et du coup je m’inquiète : et s’il s’était perdu sur le parcours, dans la nuit, dans les bois ; et s’il avait fait une mauvaise rencontre, et s’il avait vu l’ours ?! Plus simplement : s’il s’était blessé ?
Je me mets donc à gamberger jusqu’à 1h30, heure de retour de mon chéri champion, qui venait de passer une très bonne soirée. Il s’était attardé pour profiter de la garburade offerte aux participants et était resté jusqu’à la remise des récompenses. Il avait retrouvé les frères Laffaille (encore des profs !) et était resté avec eux avant et après la course (pendant c’est plutôt difficile !).
Il m’explique, en parlant fort, que c’était « une belle course », qu’il n’avait pas plu, qu’il y avait un échauffement collectif derrière les quads dans les rues de Nay avant le départ, que c’était « super » de courir de nuit à la frontale, qu’il avait l’impression de se trouver dans un jeu-vidéo avec le balisage réfléchissant, qu’il avait de « bonnes sensations » puisqu’il avait couru, monté et descendu « toujours au taquet », bref, qu’il était content de sa performance (16ème du 17km pour un dénivelé positif supérieur à 400m).
Fatiguée de ma longue journée et enfin rassurée, j’écoute mon bavard de mari qui ne se rend pas compte qu’il risque de réveiller les enfants ! Ses douces paroles me saoulent, pardon, me bercent… et je tombe vite dans les bras de Morphée… Il est 2h passées !
Sarah
PS : J’ai jeté un coup d’œil sur le calendrier de la cuisine : 2 triathlons sont programmés avec ses collègues (29 avril à Pau et 31 mai à Mimizan), et il paraît que des rendez-vous avec les galopins cyclistes ou coureurs sont en préparation… Je me prépare donc à affronter à nouveau ces week-ends et envisage de faire un stage à la croix-rouge pour me rendre utile en cas de défaillance de champion…
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Personne n’avait oublié ce grand champion que certains n’ont pas hésité à baptiser « le Bikila blanc ». Pourtant, au cours de ces deux dernières années, l’homme s’était fait pour le moins discret et il fallait souvent chercher dans les profondeurs des classements de marathons pour y trouver sa trace. Certes, il avait toujours d’excellentes raisons à invoquer pour justifier ces résultats bien en retrait du niveau que l’on lui connaissait par le passé. Néanmoins, aux yeux des médias, il faisait désormais partie du passé, aussi glorieux soit-il et les flashs des photographes s’étaient détournés vers d’autres champions avides de podiums.
C’est par une dépêche de l’Agence France Presse que la nouvelle est tombée au cœur d’un mois de janvier glacial. Il annonçait sa présence au départ de l’édition 2009 du Marathon de Paris avec la légitime ambition de revenir vers son meilleur niveau de performance. Cette brève, il faut bien le dire, n’a pas soulevé l’enthousiasme général du monde sportif. C’est plutôt l’incrédulité qui s’affichait parmi les commentateurs les plus avisés et certains n’hésitaient pas à lui prédire un échec cuisant. Lorsque j’ai proposé à mon rédacteur en chef de suivre ce retour annoncé, il m’a tout d’abord ri au nez et prié de bien vouloir me concentrer sur des sujets autrement plus sérieux. Mais devant mon insistance, il a finalement cédé en maugréant et je crois surtout pour avoir la paix.
Me voilà donc parti en région bordelaise pour suivre la préparation du garçon. Les premiers contacts sont difficiles, l’homme est bourru et renfermé. Il ne voit pas d’un très bon œil ce journaleux qui l’épie au bord de la piste. Il m’a fallu développer des trésors d’imagination pour obtenir ses premiers mots. C’est bien simple, j’ai pensé un moment qu’il avait été frappé d’une soudaine maladie l’ayant privé de la parole. Petit à petit, jour après jour, je vais tenter de gagner sa confiance pour qu’il m’accorde enfin ne serait-ce qu’un bonjour. Sur le conseil éclairé d’un de ses proches, je me présente au stade où il fait ses gammes, vêtu du maillot de l’OM. Bingo ! il me décoche un large sourire au passage sur la ligne. Enhardie par cette avancée spectaculaire dans notre relation, je l’aborde lors de sa séance d’étirements afin de lui confier mon projet. S’il n’est guère emballé à l’idée de me voir attaché à ses basques pendant deux mois, il accepte toutefois de me faire part de ses impressions.
Sa préparation est construite sur un plan en huit semaines avec 5 séances de course à pied hebdomadaire et 1 séance de vélo de route. L’objectif est de boucler le marathon en moins de 3h15′. Il a choisi d’emblée de se mettre à l’épreuve de la compétition en enchaînant 4 courses sur les 4 premières semaines de son plan. Il me confie avoir été très surpris d’être à son meilleur niveau dès la première épreuve au terme de la semaine 1 du plan alors que les séances de qualité en semaine sont difficiles et les sensations moyennes.
Au fil des semaines, je partage ses doutes mais aussi ses joies. Sa performance sur le semi-marathon de Bazas-Langon qu’il boucle en 1h25′ le place dans une excellente dynamique même si la semaine qui suit est musculairement difficile. Il partage son entraînement avec ses amis. Le midi ce sont Xavier et Bertrand (rien à voir avec l’ex-ministre) qui l’accompagnent sur la piste et dans les bois de Canéjan. Le samedi matin, Jean-Claude lui prête aimablement sa roue afin qu’il s’installe confortablement dans l’aspiration de l’Ironman. La côte de Budos, col hors catégorie du Sauternais, le laisse régulièrement essoufflé mais toutefois confiant. Le dimanche, c’est auprès des Galopins qu’il peaufine son endurance et sur son circuit favori, la côte de Béthanie reste le juge de paix où règne la saine émulation du groupe de coureurs brédois. Au terme de ces huit semaines intenses, je vois mieux la détermination qui pousse ces coureurs vers d’impossibles exploits. Leur plaisir évident, même dans la douleur d’un exercice de fractionné, m’interpelle au point que j’envisage sérieusement de chausser les runnings pour connaitre à mon tour ce sentiment exaltant.
Un aller-retour éclair Bordeaux/Paris le vendredi pour raisons professionnelles lui donnera l’occasion de retirer son précieux dossard n°10097 en dehors de la cohue du samedi. Nouveau départ, en TGV cette fois, à destination de Paris ce samedi matin. L’athlète semble détendu mais peu bavard, j’ai cru comprendre selon ses proches que dans son humeur matinale habituelle, il était capable de lâcher 3 mots à l’heure. J’en prends mon parti et en profite pour terminer ma nuit. Parvenu à destination, c’est Porte de Versailles que nous retrouvons Palmito, Keyser et Reda pour parcourir les allées du Marathon Expo, véritable temple du coureur à pied. Je déconseille fortement à toute personne étrangère à cette passion de franchir les portes de cet endroit voué au culte de ce sport sous peine de graves conséquences pour sa santé mentale. Nos 3 compères semblent s’y sentir comme des cabillauds dans l’eau froide et rien de ce qui se passe ici ne leur est étranger. Palmito qui souhaite se faire appeler Jean-Marc pour l’occasion fait l’acquisition du collant long Skins afin d’être le parfait jumeau de son mentor. Qui a dit que le marathonien se nourrissait exclusivement de pâtes et de riz ? J’ai pu constater qu’aucun de ceux-là ne rechignaient à ingurgiter quiche, cake aux olives et salade lors du déjeuner pris chez Jihane et Palmito nos hôtes du week-end. Ils se rattraperont toutefois lors du dîner avec des assiettées gargantuesques de délicieuses pâtes aux légumes.
Réveil à 6h00 pour nos champions, chacun s’affaire selon son rituel. La concentration est de rigueur : Spordej et Gatosport pour certains, Prince de Lu pour d’autres mais défilé aux toilettes pour tous. Reda est exact au rendez-vous et nous filons vers l’Avenue de la Grande Armée au milieu de laquelle s’improvise un parking réservé aux marathoniens. C’est une tribu étonnante qui s’agite au pied de l’Arc de Triomphe, coiffés d’un curieux couvre-chef jaune, ils semblent tous se connaître et s’appeler par des surnoms bizarres. Leur chef qui répond au nom de Riri est visiblement sous l’effet de substances interdites avec un sourire béat sur le visage alors qu’il ne participe même pas à ce marathon. Il y a là une certaine Barbie qui aurait couru 7 marathons sur 7 continents en 80 jours et dont le parcours s’achève ici. J’avoue que l’accoutrement de certains me laisse perplexe, j’ai vu un dénommé Basilio dont la tenue était, comment dire ? étonnante pour le moins : Chapeau de cow-boy bleu criard, cape bordée de fourrure tenant à la main un ballon jaune et bardé de sacs de confettis … Les CLM puisque c’est le nom de code de cette troupe, se prennent et se reprennent en photo avant de s’éparpiller vers les sas de départ.
C’est donc seul que notre homme se retrouve désormais. Un dernier petit galop d’échauffement, le temps d’arroser quelques malheureux arbres qui n’en peuvent plus de voir défiler les cohortes de coureurs incontinents. Le visage est fermé, j’aimerais pouvoir lire dans ses pensées à cet instant. Est-ce qu’il doute ? Repense t-il à ces séances de fractionné sur la piste en regrettant d’y avoir laissé trop de forces ? Il se dirige d’un pas assuré vers le sas jaune des 3h15′, il se faufile au plus près de la limite qui le sépare des athlètes qui lui sont supérieurs. A quelques instants du départ, les sacs plastiques dont les coureurs s’étaient revêtus volent en boules au-dessus de nos têtes, le sol est jonché de bouteilles malodorantes laissées là par les moins précautionneux.
Le départ est enfin donné, le peloton s’ébroue et, telle une interminable chenille multicolore, il part à l’assaut de la Place de la Concorde. Pour notre champion, la ligne est passée en moins de 2 minutes après le départ et il peut déjà courir au rythme prévu. La densité de coureurs au m2 n’autorise pas le moindre écart et les coureurs restent vigilants sur ces premiers mètres. Les conversations se sont tues et seul le bruit des foulées frappant l’asphalte résonne désormais, impressionnant. Au 1er km, le regard se porte vers la montre cardio-fréquencemètre Polar dernier cri qui lui a été offerte à Noël par Mireille. 4’20, c’est un tout petit peu rapide. Il se rassure en justifiant sa précipitation à vouloir combler le temps mis pour passer la ligne mais réduit l’allure pour ne pas s’enflammer. Cette fois, le rythme est trouvé, les km s’égrènent à 4’30/4’35. Le ravitaillement de Bastille est passé sans encombres, ce ne sera pas le cas pour tout le monde. Quelques gorgées d’eau et le reste de la bouteille pour s’asperger le visage, en attendant d’utiliser plus tard la potion magique qui se trouve dans les 6 gourdettes portées en ceinture. Le flot de coureurs est maintenant plus fluide, je me rapproche pour tenter de lire sur son visage les sentiments qui l’habitent à cet instant. Peine perdue, il semble impassible et celui qui pourra deviner son état d’esprit n’est pas encore né. Je n’ose lui tendre mon micro pour lui demander ses impressions, il serait bien capable de m’envoyer me faire voir. J’observe sa foulée qui n’est pas très académique, les bras repliés se balancent très haut alors que les genoux montent très peu. On ne peut pas dire qu’il soit très aérien ni très élégant mais le principal n’est pas là. La Place de la Nation est maintenant passée sans qu’il ait jeté un regard vers « le Triomphe de la République ». Il n’est visiblement pas venu ici pour faire du tourisme. Les dix premiers km sont franchis en moins de 45′ conformément au plan prévu. Il s’agit de profiter de cette première partie de course assez roulante pour se constituer une petite marge qui sera fort utile lors de périodes plus difficiles. Dans le bois de Vincennes, il n’oublie pas de saluer au passage un de ses comparses de CLM qui s’affaire à tendre des bouteilles d’eau. Pontgib ne sortira pas l’eau de vie de poire qu’il réserve à Barbie. Riri, le gourou de CLM posté à cet endroit aura à peine le temps de l’apercevoir que le voilà déjà reparti. J’ai le sentiment que le champion est désormais plus détendu. Il accepte d’ailleurs de me glisser quelques mots pour m’indiquer qu’il se sent bien et qu’il apprécie la fraîcheur du bois de Vincennes. Je goûte ces quelques instants de complicité où je deviens presqu’un confident.
A l’approche du semi-marathon, le peloton tout entier est parcouru par un sentiment trouble. Pour la plupart de ces coureurs, la seconde partie du parcours reste énigmatique. Il y a les primo-marathoniens qui vont bientôt entrer sur des distances encore jamais courues. Il y a aussi les autres qui ont connu tellement de désillusions lors de fins de marathons que ces souvenirs hantent dès cet instant leur esprit. Pour ce qui concerne notre vedette du jour, son temps de passage en moins d’1h35′ semble le ravir et il s’offre un gel énergétique pour fêter la mi-parcours.
Soudain, je suis happé par la foule qui m’entraîne, me bouscule nous éloigne l’un de l’autre. Je lutte et je me débats mais je vois sa tenue Skins qui s’éloigne loin de moi. Ce n’est que quelques kilomètres plus loin que je le retrouve alors que le parcours emprunte les quais de Seine. Je constate une certaine inquiétude sur son visage. Il m’avait confié craindre cette partie du parcours avec les sorties de tunnels qui meurtrissent des jambes déjà éprouvées. Les premiers signes d’une baisse de régime sont déjà en place à l’approche du tunnel des Tuileries. C’est presque imperceptible, mais ces quelques secondes supplémentaires à chaque km sont autant d’alarmes inquiétantes alors que nous franchissons le 28ème km. Je vois le masque apparaître sur son visage mais aussi la détermination à ne pas lâcher. Autour de lui, c’est aussi le début de la souffrance pour de nombreux concurrents. Quelques uns ont déjà rendu les armes et marchent la tête baissée en quêtant un improbable revirement qui leur permettrait de repartir de l’avant pour les 12 derniers km. Notre héros lui, ne baisse pas les bras. La foulée est plus heurtée, on aperçoit des crispations de mâchoires qui laissent deviner que plus rien n’est facile. Pourtant, une fois les quais franchis, je le sens soulagé. Visiblement, cette partie du parcours était sa crainte et en passant au 30ème km en 2h15 il semble avoir limité les dégâts. C’est désormais une course contre la montre, il veut reculer le plus loin possible le moment où il entendra s’approcher dans son dos la horde du peloton des 3h15′. Il sait que c’est inévitable mais il faut lutter pour retarder l’échéance. Finalement c’est au 38ème km que la voix du meneur d’allure lui parvient aux oreilles. Et de la voix, il en a le bougre ! C’est une véritable chance qui s’offre à notre champion, il doit décider dans l’instant de son avenir dans cette course : rester au rythme auquel il est désormais tombé et accepter de voir s’éloigner le meneur d’allure et son objectif avec ou bien relancer le train sous les encouragements du porteur du drapeau jaune. A peine le temps de réfléchir, qu’il est déjà décroché mais dans un sursaut d’orgueil, il revient à la hauteur de l’oriflamme. Sous les exhortations du meneur d’allure, il revient à son tempo d’origine. Le kilomètre est tenu en 4’30 comme au plus beau moment et c’est en 3h00 pile que le 39ème est passé. Je suis totalement pris par ce final époustouflant, il n’y a plus de relâchement possible, l’avenue Foch est en vue. Dans un dernier élan, la ligne d’arrivée est franchie. Le chronomètre officiel annonce 3h15’15, c’est gagné. Avec le décalage du temps puce, il sera bien sous la barre des 3h15′. Une bénévole le débarrasse de sa puce, une autre lui glisse la médaille autour du cou. C’est fini, les jambes sont lourdes mais la satisfaction est là. Je me glisse auprès de lui pour recueillir ses premières paroles mais il reste muet, il veut savourer égoïstement ce moment pour lequel il s’est entraîné durement. Plus tard, il me confiera que sa satisfaction sur cette course tient dans les ressources qu’il a trouvées pour réagir devant l’inexorable érosion qui le guettait. J’ai pu boucler mon article à temps et le transmettre aussitôt au journal pour l’édition hebdomadaire mais malheureusement mon texte a été écarté pour des raisons d’actualité internationale. En effet, on venait d’apprendre que Britney Spears avait interrompue son concert à Vancouver en raison d’une fumée de cigarettes trop importante.
PS : N’ayez pas d’inquiétude sur mon état mental. Je ne suis pas subitement atteint ni d’un dédoublement de la personnalité ni d’un ego surdimensionné. Il s’agissait pour moi d’utiliser un artifice de narration afin de varier un peu du schéma habituel de mes récits de marathon. Merci de ne pas prendre ce texte au premier degré.
Olivier
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26 juin 2007 par Olivier · 1 commentaire
Start your dreams disait l’affiche et en effet ce fut un véritable rêve. Après une préparation des plus inexistantes mais des conseils toujours avisés de mes amis les Galopins (recette de cuisine diététique, bons plans divers et variés…) me voici enfin à l’aéroport de Bordeaux pour le départ tant attendu ! Notre sympathique compagnie aérienne Suisse FlyBaboo (c’est le vrai nom !) nous fait redécouvrir les joies des avions bombardiers (avion à hélice) très sympa. Petit problème technique à Genève qui me fait perdre un peu de temps sur mon planning très chargé (déjà en retard sur mon temps ça commence mal cette histoire !). Enfin Rome, Rome la grande, Rome la superbe, bon ok il fait nuit et on ne voit pas grand-chose mais déjà ça à l’air très sympa, belle ambiance de klaxon, des scooters dans tout les sens et des passages piétons à deviner, bref oui j’y suis le rêve peut commencer… et il commence par un bon restaurant (Enoteca Antica di Via della Croce-76 Via della Croce), un bar à vin plus exactement dans le quartier de la place d’Espagne. On m’a dit qu’il fallait manger des pâtes alors dans la continuité de ma préparation je commande des bruchettas (pain, huile d’olive « légère » et tomate, basilique – que du naturel) et des Carbonara (un régal) et un verre de Chianti (là, je n’étais pas obligé mais ça va bien avec les pâtes). Voila un marathon qui commence bien !
La première journée de vendredi sera consacré à la visite du vieux quartier (Vatican, St-Pierre, Fontaine de Trévi, Place Navona, Panthéon) cela donne un petit aperçu de la course puisque le parcours passe par les sites touristiques majeurs de Rome. Bien sur le midi pâtes dans un petit resto oublié des touristiques, ça sent la mama à plein nez et c’est un délice. Pas de dessert au restaurant …mais en sortant direction per un gelato (glace) chez Giolitti la gelateria historique du centre depuis 1900, fabuleusement bon et surtout ne pas oublier la chantilly, la petite portion équivaut à 3 boules chez nous, pas d’inquiétude pour mon coach j’ai choisi menthe légère et enfin un café , je dirais un espresso inoubliable chez Caffé Sant’Eustachio le meilleur de Rome. A ce stade de préparation pour la course, je suis convaincu que Rome doit se découvrir à pied en dégustant les spécialités Italiennes ou en courant en buvant du Gatorade, moi j’aurais fait les 2 en un week-end ! Chaque rue apporte son lot de nouveauté, église, place, impasses végétalisées, ça grouille de partout, un vrai bonheur. En parlant de bonheur, je rentre par hasard dans la boutique de l’AS Roma et là belle surprise il reste des places pour AS Roma-Juventus, un des matchs phare du Calcio pour samedi soir au stade Olympique, je n’hésite pas j’achète, c’est un peu comme pour les glaces, je n’hésite pas beaucoup… Direction enfin le palais des sports pour retirer le dossard n°5098, nous serons presque 16000 participants, ça va être chaud.
Samedi, la pression monte et je ne rigole pas ! Matinée de découverte vers le quartier des boutiques (via el corso) et place du peuple, toujours à découvrir une adresse inoubliable et oui je vais encore vous parler d’un resto (Il Margutta Ristorarte Via Margutta, 118 www.ilmargutta.it), c’est un resto végétarien, vous voyiez que la pression monte, des pâtes, de la semoule, du riz à volonté, à moi Rome et ses rues en pavés ! L’après-midi, sport, sport et encore sport, voyez le programme, départ pour il stadio Fluminece pour un Italie-France de rugby, belle victoire des Français dans une ambiance inoubliable, après direction le parc de la Villa Borghese pour un petit décrassage de 30 min et étirement, je croise quelques adversaires Italiens (un flash finale de la coupe du monde 2006 ZIDANE !!!), le regard est froid, oui demain, dans l’arène je dois laisser derrière moi 10 000 italiens, le dernier U2 dans les oreilles, je fonce vers la sortie du parc en doublant 3 italiens médusés par ma légèreté (ça c’est le resto végétarien…). Une douche et le premier marathon sportif continue, direction le stade Olympique de Rome (JO 1960).
Rappel historique (quitte à lire des récits de course autant en profiter pour apprendre des choses, et pas que des bonnes adresses de restaurants !) : « La ville de Rome avait dû renoncer aux jeux Olympiques d’été de 1908 car elle était incapable de faire face aux exigences financières. En effet, les fonds destinés aux Jeux furent utilisés pour réparer les dégâts de l’éruption du Vésuve en 1906.
Pour ces premiers jeux en terre italienne 1960, l’organisation et les installations furent à la hauteur de l’événement. Le seul point négatif fut la canicule, qui fit souffrir de nombreux athlètes. L’Éthiopien Abebe Bikila devient le héros de toute l’Afrique en remportant l’épreuve du marathon les pieds nus. L’Éthiopien de 28 ans, soldat de la garde personnelle de l’Empereur Hailé Sélassié Ier, réussit l’exploit de finir premier du marathon. À l’arrivée sous l’arc de Constantin, à l’endroit même où 25 ans plus tôt le dictateur italien Mussolini avait envoyé ses troupes conquérir l’Éthiopie, Bikila devance le Marocain Rhadi Ben Abdesselem et établit une nouvelle meilleure performance mondiale de l’histoire en 2h15’16″.Après l’arrivée de ce marathon dont les particularités étaient de se courir de nuit, et dont ni le départ ni l’arrivée n’eurent lieu au stade olympique, Abebe Bikila déclara modestement que d’autres athlètes de la garde impériale auraient pu également s’imposer, mais sa victoire sur la même épreuve quatre ans plus tard à Tokyo démontrera la valeur et le talent de l’athlète. Véritable légende dans tout le continent africain, il ouvrit la voie à tous les coureurs de fond de ce continent qui domineront les olympiades suivantes. ».
Je suis né 10 ans plus tard mais je connais un Bikila, je cours avec lui chaque dimanche, je sais maintenant d’où il puise sa force… mais revenons au match, un stade grandiose, 70 000 personnes qui chantent l’hymne de l’AS Roma, ça donne des frissons et ça me fait penser à nos petits matchs de ligue 1, on est bien loin du compte. L’ambiance sera vite rafraichie puisque la Juventus pratiqua un football de haut vol (un peu comme les Girondins de Bordeaux) bilan 4 à 1 pour la Juve, un spectacle magnifique. La soirée se termine dans le centre de Rome pour manger devinez quoi…pasta !
Dimanche – Maratona di Roma XV
Metro Barberini, voila 2 mois de préparation intense …qui vont se jouer en quelques minutes, enfin pour moi se sera en quelques heures. Nous sommes nombreux à nous diriger vers le Colisée lieu de départ, l’ambiance est bonne et je vise un 4h15. Je retrouve Symphorien et quelques membres de CLM pour la photo de départ face au Colisée. Et puis, chacun part vers la ligne de départ, me voici au milieu de 15 ou 16 000 coureurs sous le soleil prêt à glisser sur les pavés Romain et là je pense à Vercingétorix, seul au milieu de millier de Romain sur la Via dei Fori Imperiale en -52 lorsqu’il se trouva dans la même situation que moi (et cette voie qui me rappelle je dois en laisser 10 000 derrières moi…) 5, 4, 3, 2, 1 avanti !!!!
Les 5 premiers kms sont un peu difficile, ça se bouscule à chaque virage et il vaut mieux être vigilant, on passe part la place de Venise et son bâtiment majestueux Victor Emanuel (avec la basilique c’est le 2ème repère architectural de la ville) bon on est pas là pour faire du tourisme, surtout que les ballons de 3h45 et 4h sont déjà loin devant ! alors Jean-Marc ton objectif, Zidane, Vercingétorix, Astèrix, Obélix, Bikilix, tu as déjà oublié ou quoi ! non bien sûr mais courix sur les pavix en mizunix sans tombix c’est pas facilix et en plus il faut doublix toutix !!!!
10kms, ouf je viens de rattraper les ballons de 4h, nous traversons plusieurs fois le Tibre, les italiens traversent allégrement le circuit, ils marchent comme ils roulent en quelques sortes. 15km, j’ai rattrapé les 3h45 et oui je file comme Bikilix et sans potion magix ! là, je calcule que si je rattrape 15min tout les 5 kms, au 20km je suis avec les 3h30, au 30km avec les 3h, au 40km avec les 2h30 et je joue la gagne au finish avec les kenyans (moi c’est plutôt I have a dream que start your dream…). Nous traversons l’esplanade St-Pierre et sa messe en extérieur, c’est fabuleux.
Au semi en 1h52 et un petit coup de moins bien, déjà, bon je prends l’option de bien me ravitailler au 25km, il commence à faire chaud, j’aperçois le stade Olympique et nous voici reparti pour Flaminio et le centre historique. 30km, 2h44, je ne pense plus au finish avec les kenyans, d’ailleurs ils doivent être déjà dans l’avion du retour, je ne pense plus qu’à voir Nathalie pour quelques encouragements.
Jusque là, le parcours est sympa, l’ambiance est bonne, il fait beau, le paradis mais les 12 derniers kms c’est du grandiose, grandiose sur le circuit puisque nous traversons le centre historique et ces plus belles places, grandiose car difficile, du pavix, du pavix et encore du pavix (Paris-Roubaix c’est de la rigolade à côté !), grandiose car les organisateurs ont pensé à tout même aux petites côtes qui vous font bien mal aux jambes à 10 km de l’arrivée, donc un vrai marathon, on en bave mais on est content d’être là !
38km, la piazza del popolo (place du peuple), ça commence à sentir bon, mais j’ai vraiment du mal, les ballons de 3h45 disparu depuis longtemps et je ne me retourne pas pour ne pas voir sur cette grande ligne droit si les 4h arrivent, c’est la fin et il faut finir.
Fontaine de trevi et toujours des pavix, ça tombe pas mal d’ailleurs et les chevilles en prennent un coup ! 40km, 3h44, j’y suis combien de Romain derrière moi ? J’accélère, non là je plaisante, je maintiens mon rythme, je pense plus à rien, le Colisée, c’est beau et c’est encore plus beau lorsque vous savez que juste derrière sur cette fameuse via dei Fori imperiali il y a la ligne d’arrivée. Dernier virage, je fonce vers la victoire…personnelle de passer sous les 4h, finalement c’est fait je me classe 5019éme en 3h57’28 et mes 10 000 romains derrière moi Vercingétorix, Zidane, Astérix, Obélix peuvent dormir en paix – AVE Galopinus Brédinus !
Ma petite expérience des marathons, (c’était mon 5ème), me fait dire que Rome est certainement parmi les plus beaux de part son circuit, son histoire et il faut le dire de part les italiens. Une ville extraordinaire sans limite, allez-y, courrez-y et start your dream !
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Lors de ma première rencontre avec Georges pour l’édition 2006 du marathon du Médoc, celui-ci m’avait immédiatement parlé avec enthousiasme de ce Disney Marathon en me proposant d’y venir courir en lui rendant visite par la même occasion. A l’époque, cette idée m’avait semblé peu réaliste. Il faut dire que mon expérience de marathons internationaux était encore à néant et que la culture Disney m’était tout à fait étrangère pour ne pas dire plus. Je crois que le déclic s’est produit lorsque j’ai gagné ce concours avec le voyage pour le marathon de New-York 2007 à la clé. Dès mon retour en France, j’ai regardé d’un autre œil les marathons américains avec l’idée bien ancrée de très vite retourner courir outre Atlantique. Les liens d’amitiés entretenus avec Georges depuis cette première rencontre ont bien sûr été au centre de ma décision lorsque j’ai franchi le pas en m’inscrivant au Goofy Challenge 2009 près d’un an à l’avance pour être certain de faire partie des 500 heureux élus. Les témoignages sur Courir Le Monde ne pouvaient que me confirmer que c’était un excellent choix.
Inutile de préciser que pour une destination comme celle-ci, Mireille et les enfants étaient plus qu’emballés et c’est donc un plan de vacances en Floride que nous avons construit autour de ce Goofy. Là encore, Georges a été un guide et un organisateur plus que parfait.
Pour en revenir au Goofy, je voudrais avant tout préciser que le fait d’enchaîner un semi et un marathon en 2 jours ne relève absolument pas d’un exploit mais plutôt d’une expérience inédite et amusante. Les difficultés se situent plus à mon avis dans le contexte que dans l’épreuve elle-même. Etre à Orlando, c’est s’ouvrir au monde de Disney et donc parcourir les parcs et les attractions ce qui n’est pas, je l’avoue, de tout repos. Le deuxième point qu’il ne faut pas sous-estimer est l’horaire particulier des 2 épreuves. Un départ à 5h50 avec des navettes en bus depuis les « resorts » entre 3h00 et 3h30 qui nécessite un réveil vers 2h30 pour les 2 journées impose des nuits très écourtées.
L’aventure sportive débute dès le jeudi après-midi avec la visite de l’expo marathon et le retrait des dossards en compagnie de Georges. Nous sommes plongés dans l’ambiance et j’éprouve le sentiment de véritablement participer à un évènement sortant de l’ordinaire du marathonien. Manifestement, le Goofy Challenge représente beaucoup aux yeux des américains et les coureurs qui ont opté pour ce doublé font l’objet d’attentions et d’un respect très touchant. Nous sacrifions à la cérémonie du bracelet qui sera le signe distinctif des Goofy. Lors de la remise des dossards, un bracelet de couleur orange nous est fixé au poignet. A l’issue du semi-marathon de samedi, celui-ci est remplacé, dès la ligne d’arrivée franchie, par un bracelet de couleur bleue cette fois qui sera le sésame pour obtenir la précieuse et imposante troisième médaille. Tout au long de ce week-end, avec ce signe apparent, j’ai eu le sentiment que les regards portés vers mon poignet se teintaient d’admiration et je me suis surpris à moi-même chercher, au hasard des rencontres dans les parcs Disney, le symbole de cette confrérie éphémère.
Samedi matin, malgré l’horaire inhabituel, nul besoin de réveil pour être debout et motivé. Les préparatifs sont exécutés le plus discrètement possible afin de ne pas trop perturber le sommeil de la famille. 3h00 du matin, je suis dehors et les premiers cars sont déjà aux arrêts, prêts à accueillir les coureurs. Le fond de l’air est plutôt frais et malgré ma tenue Skins que j’étrenne à cette occasion, je suis un peu frigorifié. Je vais d’ailleurs avoir froid assez longtemps car aucun abri n’est prévu pour les coureurs dans le village de départ près du centre d’Epcot où le bus me dépose avant 4h00. Nous nous retrouvons entassés dans la tente de vente des articles griffés Disney à rechercher un peu de chaleur. Je retrouve Cécile de CLM avec qui je suis désormais habitué à courir sans que nous ne nous soyons donnés de lieu de rendez-vous et c’est auprès du groupe de la « Charity » de Georges que nous effectuons nos ultimes préparatifs. La photo CLM est dans la boîte, les sacs déposés à la consigne et il est plus que temps de se hâter vers le départ qui se situe plus loin que nous ne l’imaginions. L’hymne américain est déjà achevé quand nous entrons dans notre coral juste à temps pour le départ. Nous n’avons pas de stratégie de course bien définie si ce n’est de profiter pleinement de cette mise en jambes en gardant présent à l’esprit que nous avons un marathon à courir le lendemain. A l’instinct, nous nous retrouvons sur un rythme de 8’30 au mile qui semble confortable et raisonnable. Que dire du parcours ? En dehors de la joyeuse traversée du parc Magic Kingdom encore vierge de visiteurs à cette heure matinale, nous empruntons de larges voies certes très pratiques mais un peu dénuées d’intérêt. Je suis impressionné par la forte représentation féminine qui détonne par rapport à la situation des courses mixtes en France. En plus ces filles courent à belle allure, tout en papotant avec les copines comme si elles effectuaient le petit jogging du dimanche matin. L’horaire matinal a aussi ses côtés positifs. Nous profitons de la fraicheur d’une journée qui va aller en se réchauffant tout en préservant l’emploi du temps familial.
Tout comme moi, Cécile a pris son appareil photo et nous prenons un vrai plaisir enfantin à poser en compagnie des personnages de Disney qui sont postés le long du circuit. Les 13 miles passent très vite et c’est déjà l’arrivée à Epcot où un monceau de médailles à l’effigie de Donald attend les coureurs. Même si le chrono de 1h52 n’est pas extraordinaire, il me satisfait pleinement dans ce contexte d’amusement et me place quand même 1106ème sur 12500 coureurs et 1er français (bon d’accord on était que deux !). Juste le temps de procéder à l’échange de bracelet et je remonte dans le bus qui me ramène à l’hôtel. La journée ne fait que débuter et c’est aujourd’hui Hollywood studios qui est au programme.
Deuxième round avec le marathon du dimanche. Cette fois, avec l’expérience, je m’accorde un petit supplément de sommeil et renonce à être dans le premier bus. Il fait bien moins froid et la journée s’annonce une nouvelle fois radieuse. J’ai remis ma tenue Skins et je crois bien être le seul marathonien du peloton à avoir jambes et bras couverts. En avançant dans la matinée, je ne parviendrais pas à percevoir ce fameux effet de fraîcheur vanté par la marque australienne et en serait réduit à retrousser mes manches.
Mais revenons-en au début. En apparence, tout semble identique à la veille : Même zone de départ, même organisation et la différence du nombre de coureurs ne saute pas aux yeux. Les 3 mêmes CLM sont au rendez-vous mais cette fois, nous avons droit à un feu d’artifice à la fin de l’hymne américain pour lancer le départ. Placés dans le coral A, nous sommes très près de la ligne et bien que partis sur un rythme légèrement inférieur à la veille, nous verrons passer les meneurs d’allure de 3h30 puis de 3h40 sans que nous vienne l’idée incongrue de nous y accrocher. Le semi-marathon ne semble pas peser dans les jambes et je propose à Cécile d’envisager une arrivée en moins de 4h00 afin de bien débuter son périple du seven continents. Question ravitaillement, ils ont fait très fort. Je n’ai pas compté les postes mais sans aucun doute bien au-delà du nombre habituel requis sur la distance. La technique américaine semble implacable en la matière et je retrouve l’ambiance new-yorkaise chez les bénévoles avec un premier front qui s’époumonne aux cris de « Gatorade » et le second plus sobrement avec « Water ». Egalement à notre disposition, des points spécifiques bananes et d’autres avec gels énergétiques aux parfums divers sans oublier les bâtonnets de vaseline. Cette fois, la distance permet de couvrir plus de parcs et donne véritablement l’esprit Disney à l’épreuve. Si nous étions restés un peu sur notre faim hier, le marathon ouvre les portes d’Animal Kingdom, d’Hollywood studios d’Epcot en plus de Magic Kingdom que l’on revisite avec plaisir. Toujours armés de nos appareils photos, nous complétons notre collection de personnages Disney. Pour ma part, je suis ravi de poser aux côtés de Porcinet et d’accomplir ainsi la mission principale qui m’avait été confiée par Maëlle, fan inconditionnelle de celui que l’on nomme ici Piglet. Côté anecdote, nous rencontrons un marathonien jongleur qui va courir les 42 km tout en réalisant un jonglage à 3 balles.
Ne vous méprenez pas quand même, entre ces séances photos, il nous arrive de courir et même si Cécile rechigne un peu à maintenir le rythme pour tenir l’objectif initial, nous sommes sur un bon tempo régulier. La chaleur se fait désormais sentir et je me promets de désormais réserver les manches longues aux épreuves sous température hivernale. Nous avons droit à un aller-retour sur une longue ligne droite bien exposée au soleil. Le final est de toute beauté passant tout d’abord dans une zone bords de lacs très carte postale et traversant ensuite la partie d’Epcot où sont représentés les différents pays du monde. Je file un peu devant afin de pouvoir immortaliser sur l’écran numérique l’arrivée de la première des sept étapes de Cécile autour du monde. Voilà pour faire taire les mauvaises langues qui avaient colporté la rumeur que j’avais manqué de galanterie en distançant Cécile sur le dernier km. Résultat : 4h06’ et 1381ème sur 15000 coureurs mais cette fois il y a un français devant moi et c’est un marseillais qui a couru en 3h15’.
C’est donc avec deux nouvelles médailles rutilantes autour du cou que je me dirige vers le bus dans un bruit de quincaille. Le séjour se termine, la page de l’album Disney se referme, la magie a bien fonctionné et ce Goofy occupera désormais une place importante dans mon musée personnel. J’ai pris un réel plaisir à découvrir l’univers Disney au travers de ces épreuves.
Ce récit est bien réducteur par rapport à l’ensemble du délicieux séjour que nous avons passé en Floride et il ne m’est pas possible de restituer ici tant de bons moments passés au pays des alligators. Aux futurs candidats Galopins du Goofy, je laisse le soin de découvrir les mille facettes de cette très belle région.
Je termine par une dédicace spécial pour notre hôte Georges et sa famille. Merci pour votre disponibilité et votre gentillesse. Thank you mister Georges pour cette découverte de la cuisine libanaise. Désormais le mezzé aura sa place dans nos menus et nous tenterons tes recettes de houmous, de zaatar, de taboulé et autre fattouche.
Olivier
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Je l’ai tant rêvé, tant intensément préparé et enfin je l’ai fait…..
Quelle bonne idée a eu la section « Course à pied » de mon entreprise, d’organiser ce séjour avec Marathon à New-York en 2008.
Il parait que la France est un des pays, si ce n’est le pays, le plus représenté en nombre sur ce Marathon.
C’est vrai que c’est un peu » La Mecque » des marathoniens
En tout cas, ce fut pour moi un séjour très fort et très chargé en émotion.
Déjà les préparatifs : les préinscriptions au printemps 2007 (18 mois avant!), puis les confirmations.
Ensuite le costume, car nous étions 3 filles THALES engagées sur ce marathon et avions décidé de vivre ce Marathon comme une fête et donc de se déguiser.
Quoi de mieux pour des Frenchies qu’un costume French Cancan, ok banco! Mes petites copines ayant fait le Marathon du Médoc dans cette tenue, étaient donc déjà à jour côté costume.
Pour moi tout était à faire, donc achat des appros en septembre, et armée de courage , d’imagination et surtout d’une énorme dose de motivation, moi qui ne suis pas couturière du tout, j’ai réussi à réaliser une très jolie tenue à base de volants bleus, blancs et rouges, la suite me confirmera que ma peine n’a pas été vaine!
L’arrivée à New York a d’abord été émotionnellement marquée par nos retrouvailles avec notre fils Sébastien qui a décidé de vivre quelques temps au Canada dans les territoires du Nord Ouest.
Sébastien et moi avions décidé, avant même qu’il n’ait projeté de partir, de courir ce marathon ensemble.
Son départ n’a pas modifié nos plans, sauf qu’il a fallu attendre de longs mois avant de se revoir.
Donc rencontre à New York, la famille Alarçon est reconstituée!
Nous avions choisi un séjour suffisamment long pour pouvoir faire du tourisme et découvrir la Grosse Pomme avant et après le Marathon.
Notre séjour a donc débuté par un 1er marathon qui a consisté à arpenter Manhattan en long en large et en travers, en métro et surtout à pieds, des heures durant, du matin au soir très tard, mais que cela valait le coup ! :
Les magasins en tout genre, les quartiers Brooklyn, Chinatown, les monuments l’Empire State, Rock Feller Center, Broadway le jour et la nuit, Manhattan la nuit vue du ferry navette entre Staten Island et Sud Manhattan, Metropolitean museum, les couleurs de l’automne dans Central Park….
Les jours passent qui nous rapprochent du grand jour !
Après une arrivée le mardi 28 octobre plutôt tristounette côté météo, le temps au fur et à mesure que les jours passent s’améliore spectaculairement, un anticyclone s’est installé et ne nous a pas quitté comme si la météo avait décidé de fêter dignement tous les évènements s’enchaînant sur New York et se mettre au diapason de la chaude ambiance qui s’était installée sur la ville pendant ces quelques jours.
A commencer par Halloween: des gens déguisés partout, les maisons décorées, incroyable, les américains sont en effet restés de grands enfants, c’est vrai !
Samedi 1er novembre 08 :
La course de l’ONU, formidables moments de convivialité entre les différents pays, puis la Pasta Party du côté de Central Park, quelle organisation, par contre nous rentrons ensuite très vite à l’hôtel car c’est demain le grand Jour….. !!!
Dimanche 2 novembre 2008 :
Nous y sommes, c’est le jour tant attendu : le jour du MARATHON, le 2 novembre 2008 et anniversaire de mon fils, quelle belle coïncidence !
Lever Sébastien et moi à 3H45 , petit déjeuner pris à 4H00, je me suis surprise à casser la croûte de bon cœur.
Pas de stress, je ne me suis mise aucune pression pour ce marathon, tout va bien.
Je m’équipe avec ma tenue de gala et nous descendons dans le hall de l’hôtel pour le départ programmé à 5H30.
Grosse animation, j’en profite pour souhaiter un joyeux anniversaire à mon fils.
Enfin départ de l’hôtel à 5H45. Arrivée sur Staten Island à 6H45 .
L’attente sera très longue, notre départ est prévue dans la vague des 10H20.
Il fait froid ce matin avec du vent. On se réchauffe à coup de café et l’on papote pour passer le temps, emmitouflés dans de vieilles tenues qui nous tiennent chaud et que l’on abandonnera au fil de la course.
Le départ s’est fait en 3 vagues successives. Nous partons avec la dernière à 10H20.
Ça y est le coup de canon est donné et sur les paroles de Francky Sinatra chantant New York – New York, Seb et moi nous nous élançons vers le Pont Verrazano.
Je suis euphorique, les gens m’applaudissent déjà (ma tenue fait fureur!), j’en ai des frissons, L’émotion s’installe alors et cela va durer comme cela 4 heures, de pur bonheur, quelle chance j’ai d’être là!
Après 2 miles passés sur le pont de Verrazano, Welcome to Brooklyn in USA.
La traversée de Brooklyn s’effectue au travers des haies humaines qui nous encouragent sans cesse.
Décidément ma tenue French Cancan émoustille et motive aussi bien les hommes que les femmes.
Du coup je me lance dans des chorégraphies avec lever de jambes à l’appui qui font un tabac.
Que cela fait chaud au cœur d’entendre en permanence ‘ I love France ‘, j’ai le sourire, je danse, je suis avec mon fils qui prend photos sur photos, le temps est merveilleux, je suis heureuse !
La musique est partout, l’ambiance est là.
Nous courrons exprès sur les côtés, pour rester au contact chaleureux de la foule et ne pas perdre une miette de cet échange du cœur.
Population mitigée d’hispano, afros américains, les mains se tendent, surtout celles des enfants pour recevoir la frappe amicale et j’y vais de bon cœur, tout le long, je tape dans les mains de ces inconnus qui m’encouragent me donnent des ravitaillements : sucettes, bananes, etc…
Puis le quartier juif qui semble être le seul à ne pas participer à la fête. Le silence dans ce quartier semble presque irréel sur près de 2 Kms.
Arrivée dans le quartier du Queens, assez moyen comme paysage mais heureusement, le public y va toujours de ses encouragements, j’ai droit à me faire prendre en photos par quelques marathoniens allemands et espagnols. L’euphorie disparaît un peu lors de la traversée du mythique Queensboro bridge.
Après le semi, c’est un peu dur pour les jambes.
Sébastien m’encourage pour ce passage un peu difficile, nous sommes au 16 miles, il n’en reste plus que 10,2 , courage, tout va toujours bien.
Surtout que la récompense est au bout de ce pont.
C’est irréel, la descente (après les montées sur le pont) vers la 1ère avenue est triomphale, on se prend tout d’un coup pour une reine.
Une marée humaine sur plus de 3 kilomètres vous encourage avec des cris et des sourires.
L’émotion se manifeste et me pique un peu les yeux. J’en tremble de joie. Je me pose sur un nuage qui m’accompagnera jusqu’à l’arrivée, malgré les montées et les descentes qui s’enchaînent !
Le passage dans le Bronx est très bref, mais si le nom fait référence à des images plutôt négatives, il n’en est rien côté ambiance, puisque ces hommes, ces femmes, jeunes ou vieux et ces enfants participent activement à la fête et ne sont pas en reste pour les encouragements et les applaudissements.
Après 2 ponts encore (Willis et Madison), nous arrivons sur la 5ème avenue qui nous conduit vers Central Park.
Mon GSM que j’avais emmené avec moi, se manifeste avec Daniel au bout du fil et nous convenons de nous retrouver au 25 miles, vu qu’il nous avait manqué au RV fixé sur la 1ère Avenue !
Maintenant, ce n’est plus qu’une formalité de terminer, d’autant plus que la foule enfle et se manifeste bruyamment en faisant tinter des cloches.
Les derniers miles dans Central Park s’enchaînent en virages et toujours ce rythme de montées et de descentes qui sont pour moi, la difficulté de ce marathon.
25 MILES : Daniel est perché sur un poteau armé de son appareil photos et nous mitraille Seb et moi d’une série de photos qui pour moi seront les plus belles du Marathon.
Le décompte des derniers yards et mètres s’effectue jusqu’au Nirvana, l’arrivée que nous passons triomphants mon fils et moi, la main dans la main, les bras levés vers le ciel.
On se précipite sur toi, l’un pour la couverture de survie, l’autre pour la médaille. Les bénévoles congratulent tout le long du long parcours qu’il reste encore à faire pour récupérer ses affaires auprès du camion UPS.
C’est terminé….!
Je suis toujours sur mon petit nuage avec des étoiles plein les yeux.
Je garde à jamais, le souvenir de cette foule si chaleureuse et pleine d’une admiration sincère et de reconnaissance devant l’exploit que représente cette course mythique qu’est le Marathon.
Enfin, le hasard du calendrier ayant tellement bien fait les choses, nous avons pu vibrer avec le peuple New Yorkais très très majoritairement acquis à la cause de Barack OBAMA lors de l’élection de ce dernier.
Je ne peux pas terminer le récit de ce séjour mythique à New York, sans dire quelques mots de l’ambiance vécue à Time Square lors des élections présidentielles.
L’émotion et l’espoir surtout des noirs et des hispanos dirigé vers cet homme.
Pour nous français, c’était comparable à ce qui s’est passé en mai 1981….!
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