Il est 6 heures, Cabanac s’éveille mais cela fait déjà 1h30 qu’un habitant a déjà chaussé ses lunettes. Il ne part pas travailler, il n’a pas la dernière tétée à donner , non , aujourd’hui il court, il court son premier marathon.
Comme ce n’est pas d’Alain Delon que l’on parle , je vais revenir à un style de narration plus classique en utilisant la première personne du singulier.
Si je me suis réveillé si tôt c’est tout simplement que ce 11 octobre est une date un peu spécial, restera t-elle toujours spéciale, je n’ai malheureusement pas encore la réponse . Cela cogite donc. Heureusement le voyage se fait accompagné d’Olivier et de Xavier. Un calme « olympien » se dégage de ses deux coureurs expérimentés ( Pour Olivier extrêmement olympien !!!).
Mine de rien , cela rassure et évite de gamberger.
Nous arrivons bien en avance et notre préparation se fait sereinement.
Olivier et Xavier me propose d’aller s’échauffer !!? Oui vraiment expérimentés, ce n’est pas en fait 42 mais 46 ou 47 bornes au total qu’affichera leur compteur à la fin.
Me concernant, je coupe les virages à la corde pour aller écouter le débriefing d’avant course .
C’est à 9h15 après avoir optimisé chaque centimètre de route que j’écoute attentivement les consignes de l’organisateur. Bizarrement, c’est à ce moment bien précis que survient ma plus grosse montée de stress. Est-ce que je n’ai rien oublié ? ( bon les chaussures ça se verrait) Pourquoi je n’ai pas fait d’abdos ? Que se passe t-il après ce fameux 30° kms ? Ma préparation va t-elle être suffisante ? Et puis mes objectifs ? C’est en me rendant sur la ligne de départ ( ligne droite toujours pour obtenir le plus court chemin !) que ses fameux objectifs me reviennent à l’esprit. Tout d’abord TERMINER , si c’est possible entre 4h et 4h30 et si le phare est avec moi plus près de 4h que de 4h30. Avec toutes ces conditions à l’esprit, on s’étonne que je sois stressé.
Départ 9h30 pétante (pas si pétante que ça le pistolet a des ratées) .
Je remarque que le peloton est bien plus âgé que sur une course à plus faible kilométrage et tous me paraissent affûtés Je me dis que les autres concurrents pense la même chose de mon physique. Enfin , je l’espère car je fais carême depuis plusieurs semaines , du carême périgourdin je veux parler bien sûr. Pas une volaille, pas un coin-coin ,pas une pomme de terre qui baigne dans la graisse de cette même volaille . Et si le canard était rancunier : encore un stress à gérer !
Comme prévu, le parcours est super sympa car comme le dit si bien la brochure du marathon des villages « certains marathons sont fait pour les chronos, d’autres ont du goût pour la nature et pour les yeux.
Je pars sur un rythme inférieur à celui prévu soit 6mn au kilomètre et c’est à cette allure que je traverse la pointe aux chevaux, le village de Piquey et le panneau indiquant le semi . Je suis beaucoup moins stressé car mes sensations au semi sont très positives . Je n’ai plus qu’une seule question sans réponse : la gestion du passage du 30° kilomètre.
Au 27 ° kilomètre, j’arrive à la pointe du Cap , un clin d’œil à la dune , j’en prends plein les yeux.
C’est le retour ! Sur une course classique, j’aime bien utiliser l’expression « çà sent l’écurie » . Sauf que là je n’ai pas d’odeurs de crottins qui effleurent mes narines. Normal, elle est à plus de 15 bornes !
Ma petite famille est là , je la croise au 30° encore bien (je peux affirmer dans leurs regards qu’eux aussi sont rassurés à me voir encore avec deux jambes , deux bras et un sourire qui témoigne que je ne suis pas encore entré dans le dur).
Le moins bien arrive au 34 ° kilomètre. Le mental doit maintenant me faire oublier des muscles à la souplesse plus que réduite. Et le mental répond présent , le 10 km/h est pratiquement respecté . Le temps commence à être long mais la traversée des villages ostréicoles de l’Herbe et du Canon redonnent de l’énergie . Au 40° kilomètre , je me vois contraint de réduire l’allure mais le grand sourire sera quand même affiché à l’arrivée avec un chrono autour de 4h20. Je suis marathonien !!!
Je voudrai terminé ce message en tournant mon regard et mes pensées vers le passé. Tout d’abord le passé proche , c’est-à-dire mes 10 semaines de préparation . Merci à ma petite famille d’avoir été toujours présente ( alors que mon entraînement me forçait à être absent), et également à mes 2 potes qui m’ont accompagné lors de mes sorties longues dominicales ( je m’en souviens notamment d’une qui a été copieusement arrosée !!!).
Puis en me remémorant des souvenirs plus lointains, je me rappelle un mercredi 18h ,il y a un peu plus de deux ans maintenant. J’avais participé au premier entraînement loisirs des galopins brédois. La séance était construite de plusieurs séquences de 5minutes de course lente suivie de 2 minutes de marche . J’ai croisé ce jour-là Olivier qui a su tout de suite me transmettre sa passion . Rapidement , j’ai rejoint le groupe du dimanche et tous les dimanches, je baigne dans une ambiance où courses, marathons, conseils et convivialité sont les maîtres-mots.
Alors à tous ceux qui sans le savoir, peut-être, m’ont donné envie de me dépasser pour courir cette distance mythique, je leur dis tout simplement MERCI.
Oui, ce 11 octobre restera vraiment un jour spécial.
O2C
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