Les Galopins Brédois

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Marathon d’Athènes 2008 : Christophe en touriste

7 mai 2007 par Olivier · 2 commentaires

Rappel du contexte : j’ai appris que j’allais à Athènes moins d’un mois et demi avant l’épreuve, ayant gagné à un super concours sur Internet. Le reportage complet de notre aventure est sur le blog  http://www.lerunningcommenceici.fr/)

 Athènes, 5h, la réception de l’Hôtel me réveille. J’étais en plein sommeil ! Incroyable ! C’est bien la première fois qu’un matin de marathon, je dors encore à la sonnerie du réveil. Un signe, lequel ?

Au petit-déjeuner, je retrouve Manu, l’autre gagnant du concours qui s’engage sur le marathon. Je récupère le gatosport préparé par la cuisinière de l’hôtel et reste un moment avec lui : je l’observe et suis impressionné par le petit-déjeuner copieux qu’il ingurgite sous mes yeux (lait, beurre, viennoiseries…). Il refuse poliment ma part de gatosport…

Le rendez-vous est fixé à 5h45 pour rejoindre les bus.

Manu est déjà en tenue (short, débardeur). Tout le monde lui conseille d’apporter des vêtements chauds, mais personne ne parvient à le raisonner : il a prévu son sac poubelle et renonce au sac de consignes fourni par l’organisation. Peine perdue, il ne bouleversera pas ses habitudes.

Manu est énervé : il apprend que le départ de la course n’est qu’à 9h (on nous avait annoncé 8h30). Véritable rituel d’avant-marathon pour lui, il aurait pu retourner dormir une heure après le petit-déjeuner !

En plus, il manque 2 marathoniens ! Après l’appel des coureurs de Planet Tours, les absents sont nos 2 compères gagnants du concours, engagés par erreur sur le marathon. La réception les réveillera tout de même, par acquis de conscience. Ils participeront au 10km, mais ne seront malheureusement pas classés de manière officielle. Cela l’agace.

Dans le bus, le stress de Manu augmente : il a oublié sa “feuille de route”, les temps de passage qu’il s’est fixés pour l’épreuve. Il vise une performance de moins de 3h, la plus proche possible de 2h45 (temps qu’il a déjà réalisé). Au vu de sa préparation alimentaire des derniers jours, et sachant qu’il a ”grimpé” sur les hauteurs d’Athènes la veille à minuit, je lui conseille de partir prudemment (pas de moins de 3′45” au kilo !). L’objectif me paraît, à certains égards, ambitieux, mais je ne le connais pas bien…

 Arrivés à 7h sur le site de Marathon, nous prenons notre mal en patience et retrouvons comme convenu les 2 compères JC de CLM pour les photos-souvenirs sur la ligne de départ et près de la flamme olympique. Nous discutons de notre séjour, l’ambiance est bonne et Manu semble déstresser (je n’ai cependant pas compté ses pauses ”techniques”…).

 De mon côté, je me prépare tranquillement et patiemment à la course (gatosport + boisson d’attente, lentilles de contact, dépôt des affaires à la consigne,  photos…).

Bizarrement, j’aborde la course de façon détachée, je suis presque ”zen”, ”cool”. Pourtant, j’aurais plein de raisons d’angoisser :

  • - ma dernière expérience de marathon s’était mal terminée (malaise après l’arrivée au Cap-Ferret, mon entourage m’a retrouvé sous une couverture de survie !) ;
  • - ma préparation a été perturbée par une blessure au mollet il y a 1 mois et demi ; en plus, j’ai oublié mes ”Boosters” en France (achat spécial pour l’occasion) ;
  • - je me suis blessé à un orteil (coupure sur un coquillage !) lors de la baignade à la plage du Pirée vendredi ;
  • - je me suis laissé aller à quelques excès alimentaires lors de ce séjour grec…;

J’attribue ma ‘’sérénité” à l’ambiance au sein du groupe qui m’a fait profiter au maximum du séjour qui nous était offert et m’a finalement mis dans les meilleures conditions pour me lancer dans ce marathon, à savoir me faire oublier que j’allais courir 42km…  ; et puis, il y a eu cette discussion avec Hassan, l’athlète international qui nous coachait, qui m’a définitivement convaincu de renoncer à participer au Marathon de La Rochelle (3 semaines plus tard, mon objectif de fin de saison) et d’aborder Athènes pour le plaisir («  Le parcours est difficile, même si tu y vas mollo, tu seras trop fatigué à La Rochelle. (…) Cours normalement, tu mettras 10 à 15 minutes de plus que ta perf habituelle ! »).

 J’ai perdu Manu. Les participants sont appelés sur la ligne de départ.

Petit coup de stress, mal au bide : l’entrée dans les cabines de toilettes me coupe toute envie ; je file à la salle des congrés, tout près de la ligne de départ, où un symposium est organisé : la classe ! (à retenir pour les participants des prochaines éditions). La course peut démarrer !!

C’est ma première expérience de marathon combiné à un séjour à l’étranger. C’est donc en touriste que j’envisage de le courir, l’appareil-photo ”autour du cou”. Quelques images du départ : difficile de faire de bonnes images (soleil de face, coureurs de dos, trop de mouvements, cadre peu propice…). J’appuie quand même sur le bouton, c’est du numérique, on verra bien.

Comme annoncé, les premiers kilomètres sont sur une voie rapide : j’ai l’impression qu’il fait chaud, mais un léger vent frais nous pousse.

A l’approche du 4ème km, l’appareil-photo commence à m’encombrer : je décide de le ranger dans la pochette de ma ceinture. A cet endroit, le parcours fait une boucle de plus de 2km. L’hélico de la télé apparaît : il suit la tête de course féminine. La coureuse japonaise, éthiopienne, slovène et kényanne sont au coude-à-coude. Un fort peloton d’hommes les accompagne et arrive à contresens ; c’est sérieux, pas un bruit (excepté celui de leurs foulées rapides et des motos). Tout d’un coup, le coureur ”orange”, intercalé en tête de peloton entre la slovène et la kényanne, se déhanche, fait des gestes amples, lève les bras et s’écrie : « Allez Christophe !». C’est Manu ! Il a déjà parcouru 2 km de plus que moi ! J’imagine la scène en direct à la télévision ! Je regrette d’avoir rangé l’appareil-photo… Je suis bluffé et vraiment impressionné par sa forme (due au petit-déj) !  A l’arrivée, il me dira être resté avec ce groupe jusqu’au 16ème (la japonaise a gagné en 2h35′).

 Je continue ma course et m’efforce de profiter des à-côtés de la course (animations, applaudissements, déguisements de coureurs…) à l’aide de cet appareil-photo que j’allume et range machinalement, faisant du coup l’élastique entre les groupes de coureurs.

Mes temps de passage : 25′ au 5è, 49′15” au 10è, 1h45′ au semi. C’est là que je rattrappe le meneur d’allure des 3h30′. J’ai beau ne pas avoir d’objectif chrono, je passe devant, pour m’assurer d’une bonne performance.

Je ressors l’appareil-photo et là, ça fait tilt : il y a une position caméra ! Et si je filmais ? Me voilà donc ”caméra au poing” pour rendre encore mieux l’ambiance de cette course que j’apprécie de plus en plus. Entre la gestion des ravitaillements et des prises de vue, les kilomètres s’enchaînent et je ne ressens pas la longue montée qui nous mène au 32è, point culminant de la course (c’est quand même pas l’Aubisque, ni Jurançon !). Cependant, je ne peux pas suivre, lorsqu’il arrive à ma hauteur, le lièvre des 3h30′. Je le laisse filer irrémédiablement à vive allure sur son vélo : je ne le reverrai plus.

Voilà le km32 : un panneau lumineux nous signale la descente vers Athènes. Mes sensations sont bonnes ; un oeil sur le chrono : 2h34′ ; un petit effort et je passe sous les 3h30′ ! L’espoir ne va pas durer : j’ai accéléré trop brusquement, et bien avant le 34è, je dois me résoudre à reprendre mon allure. Cette descente me fatigue et je sens mes cuisses se durcir. Je cours sur les talons et n’arrive à me relâcher. Je ne pense plus qu’à l’arrivée, il faut que j’arrive frais, mes supporters m’attendent, je ne veux pas que l’histoire du Cap-Ferret se renouvelle.

Après le ravit du 40è, c’est le bonheur, je me prépare déjà à entrer dans le stade olympique. La caméra est en position. Les coureurs me doublent de toutes parts, ça descend, tout le monde lâche les chevaux, mais je garde mon rythme. Je veux en profiter au maximum. Les spectateurs sont de plus en plus nombreux, les BRRAAVOO fusent, je les entends, je leur réponds.

L’arrivée approche. Le film est enclenché, j’entre dans le stade olympique, j’entends la foule, je cherche mes ”fans”, je ne les trouve pas ; tant pis, je lève les bras, en vainqueur (du coup je filme les nuages !) ; je franchis la ligne en 3h34′ (Hassan avait raison, 15 minutes de plus que ma valeur).

Je reçois la médaille du bonheur ; on me tend une couverture de survie (inutile aujourd’hui !) ; je n’ai pas la force de me baisser pour décrocher la puce, une jeune fille le fera pour moi…

Je récupère mon sac à la consigne, et retrouve mes camarades. Tous ont réussi leur course : Manu a bouclé le marathon en 2h55′, il est 1er français (titre qu’on arrosera le soir : “ZE BEST”) ; Lionel et Monique ont battu leur record sur 10km ; quant à nos accompagnateurs, Pierre a couru en 41′ (pas mal pour un footing) et Hassan remporte facilement la course en 31′… Quel champion ! Il a fière allure avec sa couronne “d’Olivier” (expression à décoder).

 Nous quittons le stade remplis d’émotion et garderons un super souvenir de ce séjour à Athènes, y compris du marathon, dont l’organisation m’a paru parfaite. Certes, le parcours n’est pas facile, pas des plus beaux, mais selon moi, les 2 derniers kilomètres méritent un effort de 40 au préalable. A méditer… Avec un petit jouet numérique, le temps passe plus vite…

 Christophe

Catégorie(s) : Les récits

2 réponses pour le moment ↓

  • 1 Olivier // 23 novembre 2008 à 0:15

    Et bien, heureusement que tu n’étais pas inspiré sinon j’étais obligé de prévenir l’hébergeur pour augmenter notre capacité de stockage.
    Bravo pour ce récit qui me donne une image plus favorable de ce marathon que celle que j’avais auparavant.

  • 2 Lionel // 23 novembre 2008 à 22:36

    Bravo Christophe pour ta très belle performance à ce marathon mythique qu’est celui d’Athènes.Bravo d’avoir pu courir en filmant car cela ne doit pas etre facile.Félicitations pour le récit de ta course qui nous donne vraiment envie d’y participer.
    yoyo

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