Start your dreams disait l’affiche et en effet ce fut un véritable rêve. Après une préparation des plus inexistantes mais des conseils toujours avisés de mes amis les Galopins (recette de cuisine diététique, bons plans divers et variés…) me voici enfin à l’aéroport de Bordeaux pour le départ tant attendu ! Notre sympathique compagnie aérienne Suisse FlyBaboo (c’est le vrai nom !) nous fait redécouvrir les joies des avions bombardiers (avion à hélice) très sympa. Petit problème technique à Genève qui me fait perdre un peu de temps sur mon planning très chargé (déjà en retard sur mon temps ça commence mal cette histoire !). Enfin Rome, Rome la grande, Rome la superbe, bon ok il fait nuit et on ne voit pas grand-chose mais déjà ça à l’air très sympa, belle ambiance de klaxon, des scooters dans tout les sens et des passages piétons à deviner, bref oui j’y suis le rêve peut commencer… et il commence par un bon restaurant (Enoteca Antica di Via della Croce-76 Via della Croce), un bar à vin plus exactement dans le quartier de la place d’Espagne. On m’a dit qu’il fallait manger des pâtes alors dans la continuité de ma préparation je commande des bruchettas (pain, huile d’olive « légère » et tomate, basilique – que du naturel) et des Carbonara (un régal) et un verre de Chianti (là, je n’étais pas obligé mais ça va bien avec les pâtes). Voila un marathon qui commence bien !
La première journée de vendredi sera consacré à la visite du vieux quartier (Vatican, St-Pierre, Fontaine de Trévi, Place Navona, Panthéon) cela donne un petit aperçu de la course puisque le parcours passe par les sites touristiques majeurs de Rome. Bien sur le midi pâtes dans un petit resto oublié des touristiques, ça sent la mama à plein nez et c’est un délice. Pas de dessert au restaurant …mais en sortant direction per un gelato (glace) chez Giolitti la gelateria historique du centre depuis 1900, fabuleusement bon et surtout ne pas oublier la chantilly, la petite portion équivaut à 3 boules chez nous, pas d’inquiétude pour mon coach j’ai choisi menthe légère et enfin un café , je dirais un espresso inoubliable chez Caffé Sant’Eustachio le meilleur de Rome. A ce stade de préparation pour la course, je suis convaincu que Rome doit se découvrir à pied en dégustant les spécialités Italiennes ou en courant en buvant du Gatorade, moi j’aurais fait les 2 en un week-end ! Chaque rue apporte son lot de nouveauté, église, place, impasses végétalisées, ça grouille de partout, un vrai bonheur. En parlant de bonheur, je rentre par hasard dans la boutique de l’AS Roma et là belle surprise il reste des places pour AS Roma-Juventus, un des matchs phare du Calcio pour samedi soir au stade Olympique, je n’hésite pas j’achète, c’est un peu comme pour les glaces, je n’hésite pas beaucoup… Direction enfin le palais des sports pour retirer le dossard n°5098, nous serons presque 16000 participants, ça va être chaud.
Samedi, la pression monte et je ne rigole pas ! Matinée de découverte vers le quartier des boutiques (via el corso) et place du peuple, toujours à découvrir une adresse inoubliable et oui je vais encore vous parler d’un resto (Il Margutta Ristorarte Via Margutta, 118 www.ilmargutta.it), c’est un resto végétarien, vous voyiez que la pression monte, des pâtes, de la semoule, du riz à volonté, à moi Rome et ses rues en pavés ! L’après-midi, sport, sport et encore sport, voyez le programme, départ pour il stadio Fluminece pour un Italie-France de rugby, belle victoire des Français dans une ambiance inoubliable, après direction le parc de la Villa Borghese pour un petit décrassage de 30 min et étirement, je croise quelques adversaires Italiens (un flash finale de la coupe du monde 2006 ZIDANE !!!), le regard est froid, oui demain, dans l’arène je dois laisser derrière moi 10 000 italiens, le dernier U2 dans les oreilles, je fonce vers la sortie du parc en doublant 3 italiens médusés par ma légèreté (ça c’est le resto végétarien…). Une douche et le premier marathon sportif continue, direction le stade Olympique de Rome (JO 1960).
Rappel historique (quitte à lire des récits de course autant en profiter pour apprendre des choses, et pas que des bonnes adresses de restaurants !) : « La ville de Rome avait dû renoncer aux jeux Olympiques d’été de 1908 car elle était incapable de faire face aux exigences financières. En effet, les fonds destinés aux Jeux furent utilisés pour réparer les dégâts de l’éruption du Vésuve en 1906.
Pour ces premiers jeux en terre italienne 1960, l’organisation et les installations furent à la hauteur de l’événement. Le seul point négatif fut la canicule, qui fit souffrir de nombreux athlètes. L’Éthiopien Abebe Bikila devient le héros de toute l’Afrique en remportant l’épreuve du marathon les pieds nus. L’Éthiopien de 28 ans, soldat de la garde personnelle de l’Empereur Hailé Sélassié Ier, réussit l’exploit de finir premier du marathon. À l’arrivée sous l’arc de Constantin, à l’endroit même où 25 ans plus tôt le dictateur italien Mussolini avait envoyé ses troupes conquérir l’Éthiopie, Bikila devance le Marocain Rhadi Ben Abdesselem et établit une nouvelle meilleure performance mondiale de l’histoire en 2h15’16″.Après l’arrivée de ce marathon dont les particularités étaient de se courir de nuit, et dont ni le départ ni l’arrivée n’eurent lieu au stade olympique, Abebe Bikila déclara modestement que d’autres athlètes de la garde impériale auraient pu également s’imposer, mais sa victoire sur la même épreuve quatre ans plus tard à Tokyo démontrera la valeur et le talent de l’athlète. Véritable légende dans tout le continent africain, il ouvrit la voie à tous les coureurs de fond de ce continent qui domineront les olympiades suivantes. ».
Je suis né 10 ans plus tard mais je connais un Bikila, je cours avec lui chaque dimanche, je sais maintenant d’où il puise sa force… mais revenons au match, un stade grandiose, 70 000 personnes qui chantent l’hymne de l’AS Roma, ça donne des frissons et ça me fait penser à nos petits matchs de ligue 1, on est bien loin du compte. L’ambiance sera vite rafraichie puisque la Juventus pratiqua un football de haut vol (un peu comme les Girondins de Bordeaux) bilan 4 à 1 pour la Juve, un spectacle magnifique. La soirée se termine dans le centre de Rome pour manger devinez quoi…pasta !
Dimanche – Maratona di Roma XV
Metro Barberini, voila 2 mois de préparation intense …qui vont se jouer en quelques minutes, enfin pour moi se sera en quelques heures. Nous sommes nombreux à nous diriger vers le Colisée lieu de départ, l’ambiance est bonne et je vise un 4h15. Je retrouve Symphorien et quelques membres de CLM pour la photo de départ face au Colisée. Et puis, chacun part vers la ligne de départ, me voici au milieu de 15 ou 16 000 coureurs sous le soleil prêt à glisser sur les pavés Romain et là je pense à Vercingétorix, seul au milieu de millier de Romain sur la Via dei Fori Imperiale en -52 lorsqu’il se trouva dans la même situation que moi (et cette voie qui me rappelle je dois en laisser 10 000 derrières moi…) 5, 4, 3, 2, 1 avanti !!!!
Les 5 premiers kms sont un peu difficile, ça se bouscule à chaque virage et il vaut mieux être vigilant, on passe part la place de Venise et son bâtiment majestueux Victor Emanuel (avec la basilique c’est le 2ème repère architectural de la ville) bon on est pas là pour faire du tourisme, surtout que les ballons de 3h45 et 4h sont déjà loin devant ! alors Jean-Marc ton objectif, Zidane, Vercingétorix, Astèrix, Obélix, Bikilix, tu as déjà oublié ou quoi ! non bien sûr mais courix sur les pavix en mizunix sans tombix c’est pas facilix et en plus il faut doublix toutix !!!!
10kms, ouf je viens de rattraper les ballons de 4h, nous traversons plusieurs fois le Tibre, les italiens traversent allégrement le circuit, ils marchent comme ils roulent en quelques sortes. 15km, j’ai rattrapé les 3h45 et oui je file comme Bikilix et sans potion magix ! là, je calcule que si je rattrape 15min tout les 5 kms, au 20km je suis avec les 3h30, au 30km avec les 3h, au 40km avec les 2h30 et je joue la gagne au finish avec les kenyans (moi c’est plutôt I have a dream que start your dream…). Nous traversons l’esplanade St-Pierre et sa messe en extérieur, c’est fabuleux.
Au semi en 1h52 et un petit coup de moins bien, déjà, bon je prends l’option de bien me ravitailler au 25km, il commence à faire chaud, j’aperçois le stade Olympique et nous voici reparti pour Flaminio et le centre historique. 30km, 2h44, je ne pense plus au finish avec les kenyans, d’ailleurs ils doivent être déjà dans l’avion du retour, je ne pense plus qu’à voir Nathalie pour quelques encouragements.
Jusque là, le parcours est sympa, l’ambiance est bonne, il fait beau, le paradis mais les 12 derniers kms c’est du grandiose, grandiose sur le circuit puisque nous traversons le centre historique et ces plus belles places, grandiose car difficile, du pavix, du pavix et encore du pavix (Paris-Roubaix c’est de la rigolade à côté !), grandiose car les organisateurs ont pensé à tout même aux petites côtes qui vous font bien mal aux jambes à 10 km de l’arrivée, donc un vrai marathon, on en bave mais on est content d’être là !
38km, la piazza del popolo (place du peuple), ça commence à sentir bon, mais j’ai vraiment du mal, les ballons de 3h45 disparu depuis longtemps et je ne me retourne pas pour ne pas voir sur cette grande ligne droit si les 4h arrivent, c’est la fin et il faut finir.
Fontaine de trevi et toujours des pavix, ça tombe pas mal d’ailleurs et les chevilles en prennent un coup ! 40km, 3h44, j’y suis combien de Romain derrière moi ? J’accélère, non là je plaisante, je maintiens mon rythme, je pense plus à rien, le Colisée, c’est beau et c’est encore plus beau lorsque vous savez que juste derrière sur cette fameuse via dei Fori imperiali il y a la ligne d’arrivée. Dernier virage, je fonce vers la victoire…personnelle de passer sous les 4h, finalement c’est fait je me classe 5019éme en 3h57’28 et mes 10 000 romains derrière moi Vercingétorix, Zidane, Astérix, Obélix peuvent dormir en paix – AVE Galopinus Brédinus !
Ma petite expérience des marathons, (c’était mon 5ème), me fait dire que Rome est certainement parmi les plus beaux de part son circuit, son histoire et il faut le dire de part les italiens. Une ville extraordinaire sans limite, allez-y, courrez-y et start your dream !
1 réponse pour le moment ↓
1 fred // 5 mars 2010 à 11:16
Superbe récit, j’apréhande un peu car je vais courir mon second marathon à rome cette année. Les pavés me semblent bien (trop présent) !!! J’éspère faire aussi bien que toi passé la barre dessous les 4 heures. Mon premier Marathon que j’ai fait à Paris en 2007 je l’avais réalisé en 4h25min.
Ton récit me fait espérer de bien bonne chose à Rome.
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