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Pyrénéa 2010 : Christophe au sommet

4 avril 2010 par Olivier · Pas de commentaire

Christophe, Christophe, Alain et Johan au départ de ce triathlon des neiges

La Pyrénéa Triathlon, voilà une épreuve que l’on ne présente plus ici en Béarn. Epreuve mythique pour les locaux, il m’a toujours paru impossible d’y participer en raison de la folie du défi annoncé : relier Pau à Gourette via Rébénacq, à pied (plus de 18km), à vélo (36km avec la montée depuis Laruns) et à ski (3km avec 700m de dénivelé positif). Seulement voilà, l’an passé, la Pyrénéa j’y ai gouté avec l’épreuve relais courue avec Alain et Noël de l’équipe du lycée. Et depuis, je me suis mis en tête de l’accomplir tout seul, comme un grand…

Cette Pyrénéa 2010 est le fruit d’un entraînement hivernal régulier dans les 3 disciplines en compagnie de mon maître-nageur Christophe, qui pour l’occasion est devenu à la fois entraîneur de vélo et moniteur de ski !

Dès l’automne, je me suis mis sérieusement au cyclisme : il fallait bien commencer à apprendre à rouler. J’ai donc rejoint le dimanche le groupe des cyclistes mazèrois et avec eux j’ai monté beaucoup de côtes, mais de mieux en mieux… Avec l’arrivée de l’hiver, qui a été rude, et tout en essayant de maintenir mon niveau en course à pied, j’ai continué à sortir le vélo (revenant souvent complètement gelé car mal équipé) et je me suis essayé au ski de randonnée, avec Christophe ou Eugène (de belles journées de plaisir en montagne et une chute qui m’a confirmé qu’il faut rester humble avec les éléments naturels… ). Pour la Pyrénéa, pas de place à l’improvisation, il faut être entraîné ! La préparation s’est terminée par un week-end de stage à Cauterets avec Pau Triathlon, mon nouveau club. Stage de 2 jours dans une ambiance sympa, avec un programme un peu lourd pour moi (vélo, ski, course) que j’ai suivi à mon rythme, et dont je suis revenu blessé aux côtes après une chute dans une descente à ski de fond. Blessure qui entraînera un repos forcé jusqu’au départ que j’ai pu prendre après l’intervention miraculeuse de « Magic Jérôme » l’ostéopathe.

Réveil aux aurores en raison du changement d’heure. La veille, l’OM a remporté la Coupe de la Ligue, j’ai peu mais bien dormi ! Retrouvailles chez Christophe à 6h15 : notre matériel (vélos, skis) est chargé depuis la veille. Nous filons avec Johan déposer vélos et skis à Rébénacq et retirer nos chasubles 107 et 108. A Pau nous retrouvons Alain qui me remplace cette année dans l’équipe du lycée pour le relais et Aude prend la photo des « guerriers ».

Le départ est donné à 9h de Pau. Il fait beau, les conditions climatiques sont idéales. Mon objectif : terminer.

Je cours avec Christophe le long du boulevard des Pyrénées jusqu’à l’entrée du Château de Pau. Meilleur cycliste, il pense me retrouver du côté des Eaux-Bonnes, dans la partie vélo. Après ce cadre idyllique, le parcours pédestre devient monotone, difficile avec de nombreux faux-plats montants et surtout des automobilistes à nos côtés tout au long du parcours. L’épreuve s’annonçant longue, je vais courir de manière très prudente et parcourir les 18,7 km vers Rébénacq en 1h27 (sensiblement le temps que j’ai mis pour parcourir le Givré de Nay 3 semaines auparavant… ). Trop prudent ?

Sur le vélo, je vais m’attacher à m’alimenter afin d’anticiper tout coup dur dans la montée de l’Aubisque ; les mollets me chatouillent, mais je n’aurai pas de crampes comme certains des concurrents que je trouve au ralenti au fil des kilomètres. Au milieu des voitures des suiveurs, ça grimpe de plus en plus, mais je tiens bon jusqu’à Gourette. Pas de défaillance : transition comprise, et au-delà de mes espérances, j’ai accompli le parcours vélo en moins de 2 heures.

Cela fait 3h30 de course. J’ai réussi à enfiler les chaussures de ski : pas de douleurs, alors qu’elles m’ont fait souffrir tout l’hiver et que j’appréhendais ce moment. Les skis sont chaussés et je trouve rapidement et facilement un bon rythme. Je commence à me dire que cette épreuve est faite pour moi… Oui mais voilà, j’arrive au téléski de Cotch et il me reste le fameux mur à gravir ! Je lève la tête, le sommet est encore loin, pas le choix, faut y aller ! Là, le rythme va ralentir irrémédiablement jusqu’à s’arrêter !… Je suis bloqué en pleine ascension ! Les muscles des cuisses et mollets sont tétanisés, je n’arrive pas à accrocher tous ces randonneurs qui m’encouragent, me donnent des conseils, me relèvent, récupèrent mes bâtons lorsque je glisse à l’envers… Toutes mes tentatives pour repartir sont infructueuses… Rien à faire. Il faut s’arrêter et ne pas s’énerver ! Après m’être bien ravitaillé et réhydraté, je parviendrai finalement à relancer la machine jusqu’au sommet, en faisant l’ascension non plus « tout droit » mais en « zigzaguant ».

C’est au sommet que Christophe me rattrape. On est loin des Eaux-Bonnes ! Après avoir retiré les peaux sans trop de difficultés, nous effectuons la descente ensemble. Tout schuss ! On n’a plus mal aux jambes ! La ligne d’arrivée est franchie après 4h50’ de course. On est 132 et 133ème sur 181 classés.

A l’arrivée, nous retrouvons nos supporters (la famille s’est déplacée pour l’occasion), Eugène le montagnard et les 2 Alain et Noël qui ont porté haut les couleurs du lycée. On refait la course en se disant « avec des si » qu’on aurait pu être encore plus performants. Mais pas de regrets, la Pyrénéa, je l’ai terminée. Maintenant que je la connais, je sais que j’y retournerai l’an prochain !

Christophe

Christophe peut lever les bras, il est allé au bout de cette belle épreuve

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