Enchaîner la Montée de l’Aubisque et le Trail du Barétous : quelle idée saugrenue !
Ce sont les frères Laffaille, me présentant l’Aubisque comme une course de préparation, qui ont réussi à me convaincre. Il faut dire qu’ils m’avaient vanté ce trail comme une très belle course organisée par un ami coureur, un “collègue” qui avait su faire de son épreuve le support du championnat de France de Trail des enseignants. Voilà vraisemblablement l’argument décisif : une occasion unique de m’aligner sur ce type d’épreuve, dont je ne soupçonnais pas jusqu’alors l’existence…
Dimanche matin, veille de rentrée : le rendez-vous est donc donné de bonne heure à Pau pour un départ avec Denis, Jean-Michel et Raynald des Aigles (de Pau). Dans la voiture, nous nous rendons compte que nous allons effectuer une épreuve difficile, plus difficile même qu’un marathon, et que notre préparation pourrait se révéler insuffisante… Cela rajoute de l’angoisse à Jean-Michel, blessé à la cheville (entorse) depuis 1 mois et demi, et qui néanmoins est déterminé à s’aligner ce matin…
Nous arrivons à Arette avant 7h00, à l’heure où les organisateurs commencent à ouvrir la salle et installer les tables… Nous ne risquons pas de manquer le départ !
Bizarrement, sur la ligne de départ, aux côtés de trailers manifestement expérimentés, chaussé de mes runnings glissantes et sans Camelbag, pas de stress. En plus j’ai bien dormi. Il y aurait pourtant de quoi car outre ma préparation “limite”, un dénivelé supérieur à 1500 mètres est annoncé, je n’ai jamais couru ce type d’épreuve et chacun sait que je n’ai pas trop le sens de l’orientation…
Je prends donc le départ de mon premier trail très prudemment avec pour objectif de terminer et de profiter du paysage magnifique qui nous est promis.
Le parcours de ce trail de 32,2 km comprend 2 parties (une boucle de 12,4 km et une autre de 19,8), et le profil de la course est simple : ça monte, ça descend, ça monte, ça descend…
Sur la première boucle, le long du sentier de la transhumance, je double des coureurs dans les collines, coureurs qui me repassent devant dans les descentes ; une sorte de Yo-Yo s’installe, mais j’ai trouvé mon rythme et, pour citer Olivier, “je gère” et ne regrette pas d’avoir osé me lancer sur la longue distance. Après la traversée d’une ferme, nous rentrons sur Arette pour boucler la première partie. Je m’y ravitaille et récupère ma ceinture porte-bidon remplie de gels.
Dans la deuxième boucle, je continue à rattrapper des adversaires dans les côtes, mais cette fois, le Yo-yo est cassé, je ne les revois plus en descente… Le parcours correspond à l’annonce du “flyer” de la course : je me régale du “très beau panorama sur les montagnes basques et béarnaises et sur le piémont”. On passe de pistes en sentiers, de jardins en bois (forêts), de crêtes en vallons, d’herbe verte en fougères, “de dômes en dômes”, de faux-plats à des murs très raides… si raides que je dois me résoudre à marcher dans certaines portions… trop raides ! Au dernier ravitaillement (21km), je rejoins Raynald en préparation des 100km de Millau. Je prends le relais dans une descente si technique que j’enfonce les 2 jambes dans la gadoue glaiseuse jusqu’aux mollets ! Mon manque d’expérience est mis à jour ! En colère après moi-même, je perds quelques instants de lucidité et m’égare du tracé pourtant bien balisé… Les 2 coureurs qui suivaient ma trace me laissent rejoindre le sommet du mur dans lequel je me suis engagé, juste pour confirmer que j’ai pris une mauvaise direction… Demi-tour, 5 minutes perdues, nous repartons tout de même et retrouvons des coureurs dépassés plus tôt…Les montées se font maintenant au ralenti, voire au pas, et le dernier passage dans la forêt n’est pas des plus aisés. Heureusement, pour me donner de l’élan, je’arrive à m’agripper aux petites branches ! Au sommet d’une énième montée, un photographe me lance qu’il reste “une demi-heure” : un oeil sur mon chrono, nous en sommes à 3h02′ de course. Pressé d’en finir, je termine péniblement, mais effectivement, c’est en 3h32′ que nous arrivons, Raynald et moi, au fronton d’Arette, 1 heure après Denis vainqueur de l’épreuve, Jean-Michel terminant à la 6ème place, sa cheville encore plus douloureuse qu’au départ…
Habitué des courses sur route, j’ai beaucoup apprécié courir en nature : outre la beauté des paysages offerts, c’est une autre façon d’aborder la course à pied, exigeante au regard des difficultés, moins axée sur le chronomètre mais qui nécessite tout de même une sérieuse préparation. Je renouvellerai probablement l’expérience, d’abord sur une distance plus courte (25km m’auraient amplement suffi), avant peut-être de tenter l’aventure sur une plus longue distance d’une épreuve réputée. A suivre certainement.
Pour l’anecdote, en raison de la concurrence de grandes épreuves de trail à la même période (UTMB ou Traversée des Pyrénées), très peu d’enseignants trailers sont venus participer à ce Trail du Barétous couru la veille de pré-rentrée (certains diraient après 2 mois de vacances !). Dommâge pour cette course dont l’organisation est parfaite. Denis est néanmoins sacré Champion de France des enseignants, son frère Jean-Michel 3ème et je termine 4ème… Ah, si seulement ce dernier avait su être raisonnable et su préserver sa cheville blessée…
3 réponses pour le moment ↓
1 j claude // 7 septembre 2008 à 22:31
BRAVO Christophe , une nouvelle expérience ,avec un résultat excellent , tu vas devenir un “trailer montagnard “a surveiller !!!!
2 Laurent // 9 septembre 2008 à 20:58
Pour une première sur trail, tu t’en es très bien tiré et je pense que tu y prendras goût !
Merci à toi de ta venue à Arette ! …et de ton récit bien agréable à lire.
Laurent, organisateur
3 Jean-Luc // 2 mars 2010 à 15:27
BRAVO je me lance dans le trail. quelles etaient tes references chrono sur route: 10km, 1/2 et/ou marathon pour me donner une idée?
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